Lecture: Her Private Hell : Nicolas Winding Refn revient à Cannes après 10 ans

Her Private Hell : Nicolas Winding Refn revient à Cannes après 10 ans

Publié
3 min de lecture
Publicité

est revenu à avec Her Private Hell, son premier film en 10 ans, et il l’a présenté comme le fruit direct d’une seconde chance après avoir frôlé la mort. Le cinéaste danois, dont le dernier long métrage était , a décrit cette nouvelle œuvre comme une plongée instinctive dans un monde où le cinéma, le corps et la fantaisie se heurtent de front.

Le film s’ouvre dans un hôtel chic d’une ville futuriste qui rappelle Los Angeles. Là, un groupe de femmes au physique de mannequins, jouées par , et , se retrouve alors qu’elles doivent tourner un film de science-fiction dans l’esprit de Barbarella. Dans ce décor saturé de style, un tueur nommé Leather Man rôde en arrière-plan, donnant au récit une menace constante.

Ce retour a une portée particulière parce qu’il survient après une longue parenthèse. Refn a dit qu’il était mort il y a trois ans, resté mort pendant 20 minutes, et qu’on lui avait annoncé à l’époque qu’il pouvait mourir dans les deux semaines. Il a aussi expliqué qu’il avait eu une fuite au cœur, que le sang remontait à contre-courant et que cette défaillance lui avait donné, selon ses mots, une forme de poésie mécanique. Dans la foulée, il a dit qu’il avait décidé de refaire des films une fois revenu à la vie.

- Advertisement -

Le réalisateur a présenté Her Private Hell comme un objet hybride, traversé par l’horreur, la science-fiction, le mélodrame, le musical, le camp, le kitsch, l’action et la couleur. Cette logique s’inscrit dans une continuité que certains décrivent comme une cousine spirituelle de Neon Demon et dans la veine des mondes de la mode qui ont souvent hanté son cinéma. Mais le film tient aussi de la confession: Refn a rappelé qu’il avait quitté l’école de cinéma, qu’il n’était jamais allé en cours et qu’il n’a jamais obéi à la structure en trois actes. « Je ferai des choses qui me viennent instinctivement », a-t-il dit, résumant une méthode de travail qu’il revendique depuis des années.

La contradiction au cœur de ce retour est simple. Her Private Hell est né d’une expérience de mort imminente, mais il ne ressemble pas à une œuvre de bilan sage ou de récapitulation. Au contraire, Refn en fait un film de pulsion, de surface et de vertige, comme si la proximité de la fin l’avait poussé non pas à ralentir, mais à aller plus loin dans l’excès visuel et narratif. C’est là que le projet prend son sens aujourd’hui: il ne s’agit pas seulement d’un retour à Cannes, mais d’un cinéaste qui dit avoir reçu une seconde chance et qui l’utilise pour replonger immédiatement dans ses obsessions.

La question qui reste, au-delà du choc du retour, est de savoir comment ce pari sera reçu. Her Private Hell arrive avec le poids d’un nom attendu depuis 10 ans, d’un passé marqué par Neon Demon et d’une histoire personnelle qui a failli s’arrêter net. Refn, lui, a déjà donné sa réponse: il ne compte pas se conformer, seulement suivre l’élan qui le ramène à l’écran.

Publicité
Partager cet article