La peste porcine africaine reste l’une des principales menaces sanitaires pour la filière porcine européenne, même si les données compilées début mai 2026 montrent un repli des cas chez les sangliers. Au premier trimestre 2026, environ 3 760 foyers ont été recensés en Europe, soit une baisse d’environ 16 % par rapport à la même période en 2025, quand plus de 4 400 foyers avaient été signalés.
Ce reflux statistique ne suffit pas à dissiper l’inquiétude. Les chasseurs sont souvent en première ligne pour détecter la maladie chez les sangliers, et leur rôle reste central dans la surveillance du terrain comme dans l’alerte aux autorités vétérinaires. Mais la situation demeure contrastée d’un pays à l’autre, avec des zones en amélioration et d’autres où le virus continue d’avancer.
L’Italie reste particulièrement surveillée. Depuis 2022, le virus circule durablement dans les populations de sangliers du Piémont, de Ligurie et d’autres régions voisines, à proximité de grands bassins européens de production porcine. Cette persistance dans le nord du pays inquiète les autorités et les acteurs de la filière, car chaque nouveau foyer accroît le risque de diffusion vers des zones plus larges.
La tension s’est aussi déplacée vers l’Espagne, où la peste porcine africaine est apparue officiellement fin 2025. Les premiers cas y ont été détectés en Catalogne, autour de Barcelone, et 33 foyers avaient déjà été signalés chez des sangliers au premier trimestre 2026. Les autorités espagnoles ont renforcé les restrictions d’accès à certaines zones naturelles et accru les prélèvements de sangliers pour tenter d’enrayer la propagation.
Chez les porcs domestiques, la carte européenne reste elle aussi sous pression: sept pays européens ont déclaré des foyers début 2026. Pour l’instant, la France demeure indemne, aussi bien dans les élevages que dans la faune sauvage, mais cette protection reste fragile dans un environnement où le virus circule encore activement chez le sanglier.
La PPA chez le sanglier continue ainsi de poser un défi durable à la gestion de la faune sauvage. Elle impose des restrictions d’accès, des exigences de biosécurité et des mesures de gestion des populations qui touchent directement les chasseurs, tout en reposant sur leur coopération pour le suivi systématique et l’identification des carcasses. La véritable question, désormais, n’est pas de savoir si la maladie faiblit un peu sur la carte, mais si l’Europe peut empêcher ses poches les plus actives de se rejoindre.

