Lecture: Golfe Persique : l’Iran formalise son contrôle du détroit d’Ormuz

Golfe Persique : l’Iran formalise son contrôle du détroit d’Ormuz

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L’Iran a annoncé lundi la création officielle de l’, une structure appelée à centraliser les informations sur les navires qui circulent dans le détroit d’Ormuz et à fournir des mises à jour en temps réel sur les opérations. Selon , cette entité doit aussi approuver les transits et percevoir des droits de passage dans l’un des goulets d’étranglement les plus sensibles du commerce mondial.

Les navires qui veulent passer sont désormais tenus de transmettre des informations détaillées sur leur propriétaire, leur assurance, les membres d’équipage et leur itinéraire prévu. D’après, le péage serait fixé à 2 millions de dollars par navire. En avril, Téhéran avait déjà annoncé avoir perçu les premiers revenus issus de ces frais, donnant corps à un dispositif qui ressemble de plus en plus à un système de contrôle formel du trafic maritime dans le golfe Persique.

Le moment n’est pas anodin. Au début du mois de mai, les États-Unis ont averti que les navires qui paieraient l’Iran pour obtenir un passage sûr à travers le détroit d’Ormuz s’exposeraient à des sanctions. Le département du Trésor a précisé que les paiements déguisés en dons caritatifs ou en versements indirects ne seraient pas autorisés. Lundi, l’annonce iranienne est venue renforcer cette ligne de confrontation, alors que les tractations entre Téhéran et Washington se poursuivent depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril.

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Le détroit d’Ormuz reste l’une des routes maritimes les plus stratégiques au monde, par laquelle transitent environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié dans le monde. Le trafic y a été perturbé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février. Fin avril, seuls 40 navires ont traversé ce carrefour maritime durant une semaine, loin des quelque 120 traversées quotidiennes recensées par Lloyd’s List avant la guerre. Les États-Unis maintiennent en parallèle leur propre blocus des ports iraniens, ce qui fait du contrôle du passage un levier stratégique considérable pour Téhéran.

La nouvelle autorité ne change pas seulement la manière dont l’Iran veut suivre les navires. Elle institutionnalise un rapport de force déjà visible dans le détroit d’Ormuz, où chaque passage, chaque paiement et chaque retard pèsent désormais sur le commerce mondial autant que sur la négociation entre l’Iran et les États-Unis.

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