Altice France a prolongé vendredi 15 mai jusqu’au 5 juin la période de négociations exclusives engagée avec Bouygues Telecom, Orange et Iliad pour la cession de SFR. Depuis le 17 avril, les trois groupes discutent d’un rachat à 20,35 milliards d’euros qui pourrait faire passer le marché français des télécoms de quatre à trois grands acteurs.
Dans les boutiques, l’attente a déjà changé l’ambiance. À Vendin-le-Viel, près de Lens, Nicolas dit voir moins de passage qu’avant et résume la situation en trois mots: « c'est le flou total ». Il ajoute avoir « la boule au ventre » et dit se demander « comment ça va se passer ». Dans son activité, son salaire fixe s’accompagne d’une part variable qui peut représenter quelques centaines d’euros, ce qui rend l’incertitude plus lourde encore. Cette incertitude l’a aussi conduit à mettre en pause son projet d’acheter une maison.
Le dossier est d’autant plus sensible qu’il touche directement les 2 000 salariés des quelque 300 boutiques SFR. Plusieurs syndicats les avaient appelés à faire grève fin avril, signe d’une inquiétude qui dépasse les seules discussions financières entre groupes. Altice France, maison mère de SFR, n’a donné qu’un délai supplémentaire pour poursuivre les échanges, pas une garantie de conclusion.
Les entreprises concernées disent que les discussions restent constructives, tout en précisant qu’il n’existe aucune certitude d’aboutir à un accord. C’est précisément ce qui alimente le malaise chez les salariés. Cathy dit qu’il est impossible de se projeter sur l’avenir et que beaucoup de clients posent des questions sur la situation. Elle résume aussi la pression quotidienne: « On a aussi des clients qui sont insatisfaits, ça peut très vite partir en vrille. Comment le gérer ? Comment le rassurer, quand nous déjà on est stressés ? »
Le calendrier est désormais clair: les rachat Sfr négociations doivent se poursuivre jusqu’au 5 juin. D’ici là, les salariés restent dans l’expectative, tandis que le secteur guette une opération qui, si elle se concrétise, redessinerait durablement la concurrence en France.

