Emmanuel Grégoire a lancé lundi 18 mai une convention citoyenne dédiée à la protection de l’enfance et à l’organisation du temps scolaire à Paris. Huit cents? Non. Ils sont 80 parents parisiens à avoir été réunis pour travailler sur une refonte du temps de l’école et du hors temps scolaire, avec un débat qui va jusqu’à la possible remise en cause de la semaine de 4,5 jours.
L’enjeu est concret, immédiat et politiquement sensible. Grégoire avait promis pendant sa campagne de conserver l’organisation actuelle en 4,5 jours, mais il avait aussi prévenu le 3 avril dans Le Monde qu’il n’aurait « aucun tabou » et que le premier sujet de la convention serait de définir l’organisation de la semaine et de la journée d’école. Cette convention doit donc arbitrer entre une promesse de stabilité et une réflexion ouverte sur un modèle scolaire que beaucoup jugent fatigant pour les enfants comme pour les équipes.
Le point de départ est un plan d’action de 20 millions d’euros présenté par l’élu pour lutter contre les violences dans le système périscolaire parisien. La discussion s’inscrit aussi dans une réorganisation plus large des temps d’encadrement, entre les TAP le mardi et le vendredi de 15 h à 16 h 30, la pause méridienne de 11 h 30 à 13 h 30, les études du soir jusqu’à 18 h et les activités de loisirs le mercredi après-midi. C’est dans ces créneaux fragmentés que se joue, au quotidien, une part du bien-être des enfants.
Mais la convention arrive alors qu’une autre alerte pèse sur le dossier. Dimanche 16 mai, la procureure de Paris, Laure Beccuau, a indiqué que le parquet enquêtait sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles primaires et une dizaine de crèches. Par ailleurs, sept syndicats représentant le personnel des activités périscolaires ont appelé à la grève du 11 au 22 mai, signe d’un malaise profond dans un secteur déjà sous pression.
Le débat dépasse Paris. Au printemps 2025, Emmanuel Macron avait lancé une convention citoyenne sur le temps de l’enfant, organisée par le CESE, avec 133 participants. Son rapport final recommandait cinq jours pleins d’école par semaine, avec des matinées consacrées aux enseignements théoriques et des après-midi davantage tournés vers des apprentissages pratiques. La possibilité d’un retour à quatre jours, aujourd’hui discutée à Paris, va donc à l’encontre de cette orientation nationale et relance une question de fond: faut-il alléger la semaine pour mieux protéger les enfants, ou maintenir un rythme plus étalé pour préserver l’équilibre pédagogique?
La réponse de Grégoire, au moins sur le principe, est désormais posée. Il ne ferme pas le débat sur l’organisation du temps scolaire; il l’ouvre, au moment où les tensions sur le périscolaire, l’enquête judiciaire et la mobilisation syndicale rendent toute réforme impossible à esquiver.

