Nathalie Simard traverse un printemps chargé, entre L’effet Lara, le nouveau spectacle Du Québec au ventre et la suite des représentations d’Évangéline. Après un hiver marqué par la maladie et une longue remise en forme, la chanteuse dit qu’elle continue d’avancer sur scène malgré un corps encore en reconstruction.
Elle raconte avoir eu une bronchite qui s’est transformée en pneumonie pendant l’hiver, avant de s’arrêter deux semaines quand son corps lui a imposé un ralentissement. « Mon corps m’a parlé et m’a dit de me calmer un peu », dit-elle, résumant une période où elle a dû accepter de lever le pied. Puis, après ces deux semaines de repos, elle dit sentir que les choses commencent à se déposer dans son corps.
Cette reprise prend un relief particulier quand on remonte à décembre 2023. Simard dit avoir alors été gravement blessée. Elle affirme qu’elle ne marchait plus et qu’elle se déplaçait en fauteuil roulant. Le genou, dit-elle, n’est jamais revenu à 100 %. Cette réalité physique continue de l’accompagner au moment même où son calendrier professionnel s’accélère.
Le travail de scène reste pourtant au centre de ses journées. Selon elle, le maestro Fabio Lazzara lui a conseillé de plier le genou quand elle chante. Elle dit que ce geste l’aide lorsqu’elle est sur scène et doit monter vers les notes plus hautes. Dans son cas, la technique vocale se mêle donc à la récupération corporelle, et chaque représentation demande encore un ajustement précis entre la voix et le mouvement.
Cette saison occupée est aussi traversée par une autre forme de fragilité, moins visible que la blessure. Simard dit qu’elle garde un sentiment d’imposture et qu’elle se demande encore si le public veut toujours l’entendre chanter. « J’ai encore ce sentiment d’imposteur qui se demande si les gens en veulent encore et s’ils aiment ça quand je chante », dit-elle. Et elle ajoute que chaque fois qu’elle doit chanter, c’est encore un saut dans le vide pour elle.
Le portrait qui se dégage est celui d’une artiste qui revient, mais pas comme avant. Après un hiver difficile, elle continue de travailler sa voix et son corps dans un printemps où les engagements s’enchaînent. L’effet Lara, Du Québec au ventre et les spectacles d’Évangéline marquent ce retour, soutenu par des conseils et de l’accompagnement, mais encore traversé par les traces bien réelles de la blessure de décembre 2023. La question n’est plus de savoir si Nathalie Simard reprend la scène: elle y est déjà, et elle y avance en composant avec ce que son corps lui rappelle encore.

