La soirée de clôture du National a viré à l’agitation vendredi soir à l’Essonne Stadium, où Fleury a perdu 2-1 face à Rouen dans les derniers instants. Plus de 6.000 spectateurs étaient présents, dont 1.000 supporters rouennais, pour un match décisif dans la course aux barrages de montée en Ligue 2.
Avant la pause, des échauffourées ont éclaté entre supporters des deux camps, tandis que des fans de Rouen ont aussi lancé des fumigènes dans les tribunes. Un spectateur a dit avoir eu peur à cause de la présence d’enfants, évoquant « des supporters de Rouen plutôt gentils mais d’autres, agressifs et alcoolisés ». Dans ce climat déjà tendu, une volontaire de 53 ans a été agressée dans une buvette située dans les couloirs de la tribune visiteurs.
Selon les faits rapportés, un supporter de Rouen a soulevé une table puis a jeté une caisse métallique qui a frappé la bénévole à l’arrière de la tête. Elle a été prise en charge sur place par les pompiers et présentait un important hématome. Elle a déposé plainte samedi.
La violence ne s’est pas arrêtée au coup de sifflet final. Après la rencontre, un jeune a été poignardé à l’extérieur du stade. FC Fleury 91 a indiqué avoir été informé d’un incident hors de l’enceinte après le match contre Rouen et a condamné « toute forme de violence ». Le club a précisé que les circonstances du coup de couteau relèvent désormais de l’enquête des autorités compétentes. D’après la source, cette agression à l’extérieur du stade ne serait pas liée au match.
Le dispositif de sécurité a sans doute évité que la soirée ne bascule davantage. Pascal Bovis a salué la présence de la préfecture et de la gendarmerie, estimant que cela n’avait pas gâché la fête ni l’élan populaire autour du club, tout en jugeant « totalement anormale » l’attitude de certains pseudo-supporters qui se sont pris à des bénévoles, « des femmes en plus ». Mais l’affaire rappelle surtout que Rouen traîne déjà cette saison une série d’incidents loin de ses bases, avec des dégradations signalées à Orléans, Bourg-en-Bresse, Charléty face au Paris 13 Atletico et à Concarneau. Un précédent match contre Versailles, à Robert-Diochon, avait même été interrompu plusieurs minutes en seconde période après des incidents.
Ce qui s’est passé à Fleury ressemble moins à un débordement isolé qu’à un nouvel épisode d’une saison où la frontière entre ferveur et violence se brouille trop souvent. Et, pour la bénévole blessée comme pour les autorités appelées à se prononcer sur le poignardage d’après-match, la suite se joue désormais loin du terrain.

