La plupart des Français ne veulent pas vivre 150 ans, même en bonne santé. Un sondage publié vendredi 15 mai montre que 56 % des personnes interrogées ne souhaitent pas dépasser cet âge, alors que les promesses d’allongement spectaculaire de la vie fascinent une partie de la tech et de la recherche.
Le rejet est net, mais il n’est pas uniforme. Chez les 18-24 ans, 43 % disent vouloir vivre au-delà de 150 ans, contre 45 % chez les 50-64 ans, 47 % chez les 25-34 ans et 54 % chez les 35-49 ans. Chez les 65 ans et plus, ils ne sont que 33 % à y être favorables. Dans le même sondage, 53 % des cadres disent espérer vivre très longtemps, contre 46 % des ouvriers.
Le chiffre qui pèse le plus est ailleurs: 71 % des répondants estiment qu’un allongement de l’espérance de vie serait une mauvaise chose pour l’humanité. Pour 56 % d’entre eux, la principale crainte reste la surpopulation mondiale. Pour 53 %, c’est le coût pour la société du vieillissement de la population, avec les retraites, les soins et la dépendance possible. Pour 31 %, c’est une dégradation de la qualité de vie du plus grand nombre.
Le sondage a été réalisé en ligne les 6 et 7 mai 2026 auprès de 1 005 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Il a été mené pour Le Figaro magazine et la maison d’édition Buchet-Chastel, dans un contexte où l’idée de prolonger la vie est portée depuis des années par plusieurs milliardaires de la Silicon Valley et associée, pour certains, au longtermisme et au transhumanisme.
Ce rejet ne traduit pas seulement une prudence instinctive. Il montre aussi que la majorité des Français n’imaginent pas une rupture brutale de la longévité, mais plutôt une hausse raisonnable. Le sondage indique ainsi que seulement 33 % des répondants pensent que les gens vivront en moyenne plus de 90 ans, alors que l’espérance de vie actuelle est donnée à 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes.
La ligne de fracture est encore plus nette quand la question devient politique. Près de la moitié des personnes interrogées, 49 %, estiment que ces technologies devraient être interdites si elles se développent, tandis qu’environ 36 % souhaitent qu’elles soient gratuites et accessibles à tous, quel qu’en soit le coût. Au bout du compte, seuls 0,5 % pensent eux-mêmes vivre au-delà de 150 ans. Le débat sur l’immortalité séduit quelques-uns, mais il inspire surtout de la défiance.
