Lecture: Virus Ebola en RDC : 88 morts probables et alerte maximale en Ituri

Virus Ebola en RDC : 88 morts probables et alerte maximale en Ituri

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La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée de virus Ebola provoquée par la variante Bundibugyo, et les autorités sanitaires disent déjà que l’épidémie pourrait se propager au-delà de son foyer actuel. Samedi, le ministre de la Santé a prévenu que cette souche n’a ni vaccin ni traitement spécifique, un avertissement lancé au moment où l’ a fait état de 88 décès probables parmi 336 cas suspects.

Le foyer est concentré dans l’Ituri, au nord-est du pays, une province frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, difficile d’accès et marquée par des problèmes de sécurité. L’Africa CDC a dit vendredi matin qu’une nouvelle épidémie était en cours en RDC et a souligné le risque élevé de diffusion du virus. Dans cette zone, peu d’échantillons ont pu être analysés en laboratoire, si bien que le bilan repose surtout sur des cas suspects, ce qui complique encore la lecture de la crise.

Le ministère de la Santé a insisté sur la dangerosité de la souche Bundibugyo. Kamba a rappelé que, selon lui, son taux de létalité peut atteindre 50%, alors que les vaccins et traitements récents contre Ebola sont efficaces contre la souche Zaïre, mais pas contre celle-ci. La RDC, qui compte plus de 100 millions d’habitants, connaît de longue date le prix de ce virus ebola: entre août et décembre 2025, une précédente flambée a fait au moins 34 morts, et l’épidémie la plus meurtrière du pays, entre 2018 et 2020, a tué près de 2.300 personnes parmi 3.500 malades. Sur les cinquante dernières années, Ebola a causé plus de 15.000 morts en Afrique, avec des taux de mortalité allant de 25% à 90% selon l’OMS.

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La tension s’est encore accrue après la mort, jeudi, d’un Congolais à Kampala, en Ouganda. Aucune transmission locale n’avait toutefois été signalée dans le pays au moment de la publication, ce qui laisse ouverte la question de l’extension réelle de l’épisode au-delà des frontières. Dans l’Ituri, le responsable local a décrit une situation où des personnes meurent depuis deux semaines faute d’endroit pour les isoler, leurs corps étant ensuite manipulés par les membres de leurs familles. C’est précisément ce mélange d’isolement, de soins absents et de circulation transfrontalière qui fait de cette flambée un test immédiat pour la réponse sanitaire régionale.

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