Des géologues ont détecté en Zambie des signes rares d’une fracture profonde de la croûte terrestre, dans le rift de Kafue, au centre du pays. L’étude, publiée dans la revue scientifique Frontiers in Earth Science, décrit des fluides remontant depuis près de 190 kilomètres de profondeur à travers des failles déjà ouvertes dans la roche.
L’équipe dirigée par Rūta Karolytė a analysé les gaz qui s’échappent de cinq sources thermales et de plusieurs puits géothermiques du centre de la Zambie. Les chercheurs se sont intéressés à l’hélium et au carbone, et les isotopes détectés correspondent à ceux que l’on retrouve dans le manteau terrestre. Karolytė a résumé la portée de ces résultats en disant: « Nos données confirment que ce système est actuellement actif et géologiquement en activité ».
Le site étudié se trouve dans le rift de Kafue, un segment d’un système de 2 500 kilomètres qui traverse une partie du continent, de la Tanzanie à la Namibie. Cette zone est observée depuis plusieurs années par les géologues, qui soupçonnaient une activité profonde inhabituelle sous la région. Les nouveaux résultats viennent étayer cette hypothèse avec des mesures de gaz jugées rares par les auteurs.
Le travail prend aussi une portée plus large parce que le rift de Kafue s’inscrit dans un ensemble tectonique qui continue de remodeler l’Afrique australe. Les signes décrits dans l’étude pourraient correspondre aux tout débuts d’une rupture continentale, même si les chercheurs restent prudents sur la suite. Un rift actif ne garantit pas qu’un océan apparaîtra un jour.
La comparaison qui s’impose est celle de l’Atlantique, né il y a environ 180 millions d’années quand l’Afrique et l’Amérique du Sud se sont séparées. Mais les auteurs ne disent pas que la Zambie est en train de répéter ce scénario. Ils montrent plutôt qu’un système de fracture, longtemps caché en profondeur, est bel et bien en mouvement aujourd’hui.
