Marylise Léon a demandé samedi de rouvrir les négociations salariales dans les entreprises et dans la fonction publique, alors que le Smic doit augmenter de 2,41 % le 1er juin. La secrétaire générale de la CFDT a jugé qu'il fallait « rouvrir des négociations salariales » là où elles viennent de se conclure et anticiper celles qui sont prévues.
La hausse du Smic répond « simplement à un mécanisme automatique de revalorisation par rapport à l'inflation », a-t-elle rappelé dans un entretien à Le Parisien, tout en ajoutant que, si la guerre en Iran s'éternise, « il faudra peut-être revoir la copie ». Léon a aussi insisté sur le fait que certaines entreprises « vont très bien », ce qui, selon elle, doit pousser à reprendre les discussions sur les salaires sans attendre le prochain cycle social.
Cette alerte vise un marché du travail où plusieurs grilles restent déjà sous le minimum légal. Léon a dit qu'il y en avait « à date 47 », et qu'il y en aura « encore beaucoup plus après la revalorisation du 1er juin ». Elle a cité notamment l'hospitalisation privée, où deux coefficients sont sous le Smic, et les jardineries, avec neuf coefficients sous le seuil. Dans la fonction publique, a-t-elle poursuivi, les dix premiers échelons de la catégorie C sont en dessous du Smic, et des agents peuvent rester 19 ans sans augmentation de salaire.
La dirigeante syndicale a replacé ce signal d'alarme dans un débat plus large sur les rémunérations et l'égalité entre les femmes et les hommes. Le retard pris dans la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale l'inquiète, a-t-elle dit, et « ça m'agace beaucoup ». Jean-Pierre Farandou a estimé mercredi que la transposition de cette directive dans l'année était possible, après avoir évoqué en janvier la présentation d'un projet de loi avant l'été.
Léon a répondu en proposant de retirer le texte prévu pour le 1er Mai et de mettre à l'agenda des mesures qui intéressent vraiment les salariés. Dans le contexte d'un Smic relevé automatiquement et de branches encore coincées sous le minimum, la CFDT veut désormais un calendrier plus rapide sur les salaires et sur la transparence, faute de quoi les hausses administrées risquent de laisser intacte une partie des inégalités qu'elles étaient censées corriger.

