La Libre.be a retenu cette semaine trois coups de cœur littéraires dans sa sélection du samedi, et l’un d’eux est le nouveau livre d’Olivier Bourdeaut, Une histoire d'amour et de haine. Présenté comme le récit d’un père violent, l’ouvrage est décrit comme le texte le plus personnel de l’auteur d’En attendant Bojangles, et peut-être aussi comme le plus abouti.
Bourdeaut, révélé en 2018 par En attendant Bojangles, revient ici sur une histoire familiale marquée par la violence. Il résume lui-même ce passé d’une phrase qui dit l’essentiel: « A la maison, tout se réglait à coups de gifles, et j’ai reproduit le schéma ». Dans cette nouvelle publication, l’écrivain explique qu’il n’a pas écrit pour « tuer le père », mais pour son fils, et pour éviter de reproduire le même modèle.
Ce choix donne au livre une portée plus large que la seule confession. En le plaçant parmi les trois livres mis en avant cette semaine, la sélection l’inscrit dans l’actualité immédiate de la rentrée littéraire, où les récits personnels continuent de peser autant que les fictions plus classiques. Le texte qui l’accompagne le rapproche du succès de Bojangles, mais l’oriente vers un territoire plus cru, où l’autobiographie devient un moyen de tenir la violence à distance.
Le contraste est d’autant plus frappant que le même panorama mentionne aussi Le Pépère d’Emmanuel Moynot et un livre de Nathan Devers, chacun dans son propre registre. Mais c’est bien Bourdeaut qui attire l’attention avec cette histoire d’amour et de haine née d’un passé familial qu’il dit avoir porté pendant quarante ans. Le livre se présente ainsi moins comme une simple reprise de son univers que comme une tentative de régler, cette fois par l’écriture, ce qui n’a pas été réglé à la maison.
La question n’est donc plus de savoir si Olivier Bourdeaut sait encore écrire après En attendant Bojangles. Elle est ailleurs: avec Une histoire d'amour et de haine, il montre qu’il veut désormais transformer une mémoire de la violence en œuvre littéraire, et qu’il considère ce livre comme la plus juste réponse à son propre héritage.

