Romain Grosjean dit que sa sortie rapide de la Formule 1 après ses débuts en 2009 lui a coupé les jambes à l’époque. Le pilote français raconte aujourd’hui qu’après son premier Grand Prix à Valence, il est retourné travailler à la banque le lundi matin, avant de courir encore six autres Grands Prix pour Renault à la fin de la saison.
« Après ma première course de Formule 1 à Valence, en 2009, le lundi matin, je suis retourné travailler à la banque », a-t-il rappelé. Grosjean, qui sortait alors d’une campagne en GP2, dit que ce passage éclair l’a obligé à garder un pied dans une vie ordinaire, et qu’il fallait pour lui comprendre ce qu’il appelle une vie normale. À ce moment-là, il n’était pas encore un titulaire installé, mais un jeune Français que Renault avait fait venir avec Flavio Briatore dans une équipe déjà secouée par les remous de Crashgate.
Le contexte importait autant que le volant. Renault était en plein tumulte quand l’équipe l’a promu, après le départ de Nelson Piquet Jr. à la suite des révélations sur Crashgate, le stratagème lié à Flavio Briatore et Pat Symonds qui devait servir la victoire de Fernando Alonso à Singapour. Grosjean dit aussi que, plus tard, Renault avait vendu l’équipe, remplacée par Genii Capital, et qu’on l’avait écarté au profit de Vitaly Petrov. Pour lui, ce départ précipité a été un choc d’autant plus rude que le constructeur ne l’a pas conservé l’année suivante. Il a passé deux ans hors de la Formule 1 avant de décrocher enfin son premier baquet à temps plein.
« On ne choisit pas vraiment le moment où l’on va en Formule 1. Quand le moment est venu, on ne dit tout simplement pas non », a-t-il dit. Il ajoute qu’à l’époque, il avait le sentiment d’être « au mauvais endroit, au mauvais moment ». Grosjean affirme aussi que la coupe a été d’autant plus dure qu’il arrivait dans une structure qui avait, selon lui, dit à tout le monde qu’il n’était pas assez bon pour la Formule 1, puis l’accueillait de nouveau avec cette idée en arrière-plan. « Ce n’était pas facile », a-t-il expliqué. « Vous revenez dans un endroit où c’est ce qu’ils pensaient de vous. »
Il a pourtant rebondi. De retour en GP2, Grosjean a remporté le titre en 2011, ce qui a rouvert la porte d’Enstone en 2012, lorsque l’équipe était devenue Lotus. Et dès la première course de la saison en Australie, il s’est qualifié troisième. « À ce moment-là, ils se sont dit: eh bien, peut-être qu’il n’est pas si mauvais », a-t-il dit. Pour Grosjean, ce résultat a servi de réponse immédiate à ceux qui l’avaient vite rangé parmi les promesses ratées.
