José Mourinho a estimé qu’il faudrait un « milagre » pour que Benfica termine deuxième, et ses mots ont aussitôt rouvert un dossier que le club traîne depuis des mois: celui des matches où, selon lui, l’équipe a été privée de décisions qui auraient pu changer sa saison. L’entraîneur est revenu cette semaine sur ce qu’il s’est passé pour tenir Benfica à distance des choix décisifs, au moment où la discussion autour de Estoril – Benfica s’ajoute à une accumulation de frustrations plus anciennes.
Le rappel n’est pas anodin. Mourinho a cité les rencontres contre Braga et à Vila do Conde comme les exemples qui expliquent ce qu’il appelait des « milagres ». Il a aussi rappelé que Benfica a remporté la Taça da Liga la saison dernière, mais seulement après être allé jusqu’aux tirs au but, faute d’un penalty accordé pendant le match. Dans le même registre, l’épisode célèbre face à Arouca, avec une faute liée à la tête d’Otamendi, et un moment de la Taça de Portugal décrit comme un « pisar da cabeça », restent dans la mémoire du club comme des scènes qui ont nourri le sentiment d’injustice.
Mourinho ne s’est pas contenté de pointer des regrets. Il a dit que Benfica avait échoué, tout en estimant qu’à plusieurs moments, l’équipe n’avait pas été autorisée à aller jusqu’où elle pouvait aller. Sa lecture va à contre-courant d’une partie des commentaires entendus ces derniers jours, certains observateurs lui reprochant d’insister sur les arbitres plutôt que sur les performances. Cette critique ne tombe pas dans le vide: elle touche une saison où Benfica est présenté à la fois comme responsable de ses propres erreurs et comme victime répétée de décisions contestées.
C’est là que le contraste avec Rui Borges devient parlant. L’entraîneur a résumé sa colère par une formule sèche, « tiraram-nos da luta pelo tricampeonato », pour dire qu’on l’avait sortit de la course au titre pour un troisième sacre d’affilée. Entre les deux discours, celui de Mourinho et celui de Borges, se dessine la même ligne de fracture: des clubs qui se sentent dépossédés de leur destin, et un débat portugais où la place des arbitres finit toujours par reprendre le dessus sur le terrain lui-même.
La suite dira si Benfica parvient à transformer cette colère en résultat, mais la pression, elle, est déjà installée. Avec la deuxième place toujours en jeu, chaque incident sera relu à travers le prisme des matches de Braga, de Vila do Conde, d’Arouca et des épisodes de coupe qui ont nourri le récit d’une saison abîmée autant par les fautes du club que par les décisions qui l’ont accompagné.

