Lecture: Mossoul: un film retrace la renaissance d’une ville millénaire

Mossoul: un film retrace la renaissance d’une ville millénaire

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ARTE diffusera samedi 16 mai à 20 h 55 le documentaire « Mossoul, renaissance d’une ville millénaire », signé et , alors que la seconde ville d’Irak poursuit sa reconstruction après des années de violences et de destructions. Le film revient sur une ville qui a vécu trois ans sous l’occupation de Daesh, avant la guerre, puis l’effondrement de son centre historique sous les bombardements en 2017.

Le chantier qui s’y déploie est immense. Depuis six ans, la reconstruction des monuments les plus emblématiques avance sous l’égide de l’, de l’ et des autorités irakiennes, avec des experts mobilisés depuis le monde entier. À Mossoul, le minaret penché de la mosquée Al Nouri a commencé à se dresser à nouveau en 2025, non loin de l’église Mar Toma, tandis que la reconstitution du patrimoine religieux et civil tente de rendre une cohérence à un centre-ville qui avait presque cessé d’exister.

Ce programme, intitulé « », est présenté comme l’un des plus ambitieux jamais entrepris. Il s’attache à une ville qui cherche à retrouver son héritage multiculturel, et pas seulement ses pierres. La Grande Mosquée Al Nouri, construite en 1172, et l’église Al-Tahira, lieu de culte de la communauté catholique syriaque depuis 1862, disent à elles seules la profondeur de cette histoire partagée.

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Le regard du film s’éclaire aussi à travers celles et ceux qui pilotent ce retour à la vie. , chargée de la gestion des sites de reconstruction de l’UNESCO, explique avoir trouvé « passionnant » de reconstruire les monuments pour aider la communauté à se remettre d’un conflit aussi violent. Sa formule résume l’enjeu du chantier: rebâtir les édifices, oui, mais aussi ce qu’ils représentent pour les habitants.

Ce qui se joue à Mossoul dépasse la restauration d’un patrimoine abîmé. La ville, au bord du Tigre et face à l’ancienne capitale assyrienne de Ninive, a longtemps été décrite comme un lieu de tolérance et de multiculturalisme, un carrefour où coexistaient communautés chrétienne, juive, yézidie et musulmane aux premiers siècles de notre ère. Le documentaire la replace dans cette géographie de rencontres, loin de l’image d’une simple scène de guerre à laquelle elle a trop souvent été réduite.

Reste une réalité plus fragile: la silhouette du minaret d’Al Nouri réapparaît, mais la restauration d’une ville millénaire ne se mesure pas seulement à la hauteur retrouvée d’un monument. Elle dépend aussi de la capacité de Mossoul à réconcilier ses mémoires, ses quartiers et ses communautés après une destruction qui a laissé des traces bien au-delà des façades.

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