Flavie Flament a annoncé vendredi 15 mai qu’elle déposait plainte contre Patrick Bruel pour viol. L’animatrice dit viser des faits qu’elle situe en 1991, lorsqu’elle avait 16 ans, et a expliqué avoir saisi la justice à Paris deux jours plus tôt, mercredi 13 mai.
Sa plainte a été déposée par ses avocats devant le juge d’instruction de permanence au tribunal judiciaire de Paris. Dans une déclaration publique, Flament a dit qu’elle voulait que « la vérité éclate », que « justice soit rendue » et que cessent « de se dérober les regards ». Elle a ajouté qu’elle joignait sa voix à celle d’autres femmes qui s’expriment en France, en Belgique et au Canada.
Le récit qu’elle donne remonte à une période où, selon elle, Patrick Bruel l’avait repérée en 1990 lors d’un tournage. Flament dit que l’agression présumée se serait produite après une séance photo en 1991, au domicile parisien du chanteur. Elle a raconté à Mediapart qu’il lui avait offert « un thé », puis qu’elle avait vécu un « black-out ». Elle dit s’être réveillée alors qu’il lui remettait et reboutonnait son pantalon sur son lit, avant qu’il ne la reconduise dans un « hôtel miteux près de la gare Saint-Lazare ».
Flament dit aussi que sa certitude s’est construite plus tard, le 30 septembre 2006, lorsqu’elle a croisé Bruel près d’une émission de TF1. Elle a raconté l’avoir vu arriver dans un couloir, seuls, puis avoir voulu faire demi-tour avant qu’il ne la serre dans ses bras en lui soufflant à l’oreille: « Tu te souviens ? » C’est à partir de là, dit-elle, qu’elle a cessé de douter de ce qu’elle dit avoir subi.
Le dossier intervient alors que Patrick Bruel fait déjà l’objet de six plaintes en France et en Belgique pour des accusations de violences sexuelles. Cette nouvelle plainte ajoute un signalement public de plus à une série de procédures qui entourent déjà l’artiste. Le cas de Flament n’est pas isolé dans l’actualité judiciaire liée aux agressions sexuelles: d’autres affaires récentes, comme une enquête sur plus de 2400 plaintes visant Air Canada, ou une plainte déposée après la mort d’un coq à Langlade, montrent à quel point la justice est saisie sur des terrains très différents.
De son côté, Bruel a dit à Mediapart se souvenir avoir rencontré Flament dans les années 1990 et avoir entretenu avec elle une relation épisodique. Il dit être « parfaitement certain de n’avoir ni drogué ni agressé » l’animatrice et évoque des échanges « toujours amicaux depuis ». Son avocat, Christophe Ingrain, a pour sa part déclaré sur BFMTV que son client « conteste formellement » les accusations.
Ce qui reste à trancher est désormais judiciaire. Flavie Flament a posé sa version noir sur blanc, le chanteur la nie formellement, et le tribunal de Paris devra déterminer s’il y a matière à aller plus loin sur des faits vieux de plus de trente ans.

