Lecture: À Giverny, l’ombre de Monet passe aussi par la Creuse de Giverny

À Giverny, l’ombre de Monet passe aussi par la Creuse de Giverny

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est mort le 5 décembre 1926 à Giverny, mais une autre partie de son histoire continue de s’écrire loin de la maison aux nymphéas. À Fresselines, dans la vallée de la Creuse, les sentiers des peintres impressionnistes veulent décrocher un statut de route culturelle européenne, puis une inscription au patrimoine mondial de l’.

Le projet s’appuie sur un épisode précis de 1889, quand Monet a été invité par un ami journaliste dans la Vallée de la Creuse. Il était parti pour trois semaines. Il y est resté trois mois. Le peintre y a réalisé 23 toiles, dont 10 consacrées à la confluence des deux Creuse, à un lieu appelé les Eaux Semblantes. Le 21 juin 1889, ces œuvres ont été montrées au public à l’exposition Monet-Rodin, à la , à Paris.

À Fresselines, les visiteurs peuvent encore retrouver exactement les points de vue où Monet a installé son chevalet en 1889. La rivière, elle, n’a pas changé depuis cette époque, selon le récit porté par le site. C’est là que le peintre, déjà fasciné par la lumière et les variations de saison, a commencé à travailler de manière systématique sur les séries, une méthode qu’il allait ensuite pousser plus loin avec les Cathédrales de Rouen, les Meules et les Nymphéas.

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La Creuse reste pourtant un angle mort dans la légende Monet. L’artiste est surtout célébré pour ses nymphéas en Normandie, alors que Fresselines a joué un rôle déterminant dans la construction de son langage pictural. Le site présente même ces mois passés dans la vallée comme le moment où Monet formule sa propre révolution du regard, au point d’écrire qu’il invente son geste le plus révolutionnaire. Il note aussi, dans une formule restée associée à cette période, que l’hiver semblait avoir laissé place au printemps trop vite.

Les toiles de Fresselines sont aujourd’hui dispersées dans des musées et collections privées du monde entier, du au , en passant par le . Cette dispersion rend le projet local plus ambitieux encore: rassembler, au moins par le récit et par les chemins, ce qui a été éparpillé sur plusieurs continents.

À l’horizon 2026, année du centenaire de la mort de Monet, les habitants de la Creuse espèrent faire reconnaître ce territoire comme bien plus qu’une halte dans la carrière du peintre. Si la candidature avance, Fresselines ne sera plus seulement l’endroit où Monet a posé son chevalet. Ce sera le lieu où l’on viendra chercher l’origine d’une manière de peindre le monde par séries, au plus près de l’eau, de la saison et du temps qui passe.

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