Les contrats à terme sur le S&p 500 ont chuté de 64 points, soit 0,85 %, à 7 h 18, heure de l’Est, vendredi, alors que la hausse des taux obligataires américains et du pétrole a pesé sur l’appétit pour le risque. Dans le même temps, le rendement du Treasury américain à 10 ans a atteint 4,54 %, son plus haut niveau depuis mai 2025.
Le mouvement a suivi une séance déjà historique, au cours de laquelle le S&P 500 et le Nasdaq ont terminé à des records, tandis que le Dow Jones Industrial Average est repassé au-dessus de 50 000 points. Le retournement de vendredi montre à quelle vitesse le marché a glissé d’un état d’euphorie à une posture plus défensive, au moment où les investisseurs réévaluent le coût de l’argent et le risque inflationniste.
Le pétrole Brent a bondi de près de 3 % pour s’établir à 109 dollars le baril, alimentant les inquiétudes sur l’inflation et sur la facture du crédit. Le CME Group FedWatch tool indiquait aussi que la probabilité d’une hausse de 25 points de base par la Réserve fédérale en décembre avait grimpé à environ 40 % sur la semaine écoulée. Pour Ipek Ozkardeskaya, l’enchaînement est clair: plus le conflit au Moyen-Orient dure, plus les prix de l’énergie montent, ce qui nourrit les anticipations d’inflation, renchérit les coûts d’emprunt et complique même le financement d’un centre de données supplémentaire. Elle a ajouté que c’est un signal d’alarme que beaucoup d’investisseurs technologiques ont ignoré, aveuglés par des bénéfices éclatants et des perspectives encore plus fortes.
La baisse des futures n’a toutefois pas touché tous les dossiers de la même manière. Applied Materials reculait après la publication de ses résultats trimestriels, tandis que Dexcom progressait après avoir indiqué vouloir remanier son conseil d’administration avec Elliott. La séance de vendredi s’annonce donc moins comme une rupture que comme un test: après les records de la veille, le marché peut-il encore avancer si les taux, l’énergie et la politique monétaire repartent ensemble dans la même direction ?

