Vladimir Poutine a remplacé mercredi les gouverneurs de deux régions russes frontalières de l’Ukraine, Briansk et Belgorod, dans un remaniement qui touche des territoires exposés depuis le début de l’offensive en Ukraine. Alexandre Bogomaz, qui dirigeait Briansk, et Viatcheslav Gladkov, à la tête de Belgorod, ont été relevés de leurs fonctions.
Le Kremlin a nommé Alexandre Chouvaïev chef par intérim de la région de Belgorod et Egor Kovalchouk chef par intérim de la région de Briansk. Chouvaïev est un général ayant combattu en Ukraine, un choix qui montre la direction prise par Moscou pour des postes situés au plus près de la frontière.
Ces deux régions ont été touchées par les ripostes de Kiev tout au long de l’offensive russe en Ukraine. Bogomaz et Gladkov avaient chacun dirigé leur région pendant cette période de guerre, dans des zones où les attaques et les tensions liées au conflit ont fait partie du quotidien politique autant que militaire.
Le texte diffusé par le Kremlin indique désormais que certains gouverneurs des régions frontalières avec l’Ukraine sont remplacés par d’anciens militaires. Le mouvement suggère que Moscou cherche à confier ces postes à des profils plus directement liés à l’appareil de sécurité, dans des territoires où la frontière avec l’Ukraine est devenue un point de vulnérabilité permanente.
La décision de mercredi ne se limite donc pas à deux changements locaux. Elle envoie aussi un signal sur la manière dont le pouvoir russe entend gérer les régions exposées aux retombées directes de la guerre, en plaçant des hommes venus de l’armée au cœur de l’administration civile. Pour les habitants de Briansk et de Belgorod, le changement de gouverneur intervient au moment où la frontière reste une ligne de pression, et non un simple tracé sur une carte.

