Léon XIV devrait se rendre en France en septembre prochain, avec des étapes à Paris et à Lourdes. La visite, si elle se confirme, serait présentée comme un encouragement et comme la perspective d’un renouveau missionnaire.
Le déplacement attendu prend une portée particulière parce qu’il placerait le nouveau pape au contact de deux lieux chargés de sens pour les catholiques français. À Lourdes, la dévotion mariale reste un repère spirituel majeur, tandis que Paris offrirait une scène hautement symbolique pour un premier passage pontifical sur le sol français. La date de septembre prochain donne aussi à ce projet une valeur de signal: le Vatican montrerait ainsi qu’il entend inscrire son pontificat dans une relation suivie avec la France.
Cette perspective rappelle la première visite apostolique de Jean-Paul II à Paris en 1980, quand il avait lancé l’appel du Bourget. Le pape polonais avait alors demandé: « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » et il avait résumé sa vision dans une phrase restée célèbre: « Au cœur de la mission du Christ, il y a l’homme. Tout l’homme. À travers l’homme, il y a les nations, toutes les nations. » La comparaison souligne le poids historique d’un voyage pontifical en France, surtout dans un pays où les catholiques regardent encore ce type de visite comme un moment de relance plus que comme une simple séquence protocolaire.
Le contexte immédiat renforce cette lecture. François n’avait pas voulu entreprendre un voyage officiel en France, ce qui avait laissé le champ libre à une attente plus forte autour de son successeur. Léon XIV a déjà envoyé un signal spirituel à ce sujet le 11 mai 2025, quand il a prononcé le Regina Caeli depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, au Vatican. Dans le même horizon, l’encyclique Dilexit nos sur la spiritualité du Sacré-Cœur a remis au centre un fil de piété très français, lié à Paray-le-Monial, et la reconstruction de Notre-Dame de Paris après l’incendie a ravivé un autre symbole national et religieux.
Reste que la visite annoncée devra tenir ensemble plusieurs attentes, sans se réduire à un geste d’image. Si Léon XIV vient bien à Paris et à Lourdes, il héritera d’une histoire dense, faite d’élans missionnaires, de mémoire blessée et de relance spirituelle. Pour la France, le simple fait qu’un pape choisisse ces deux étapes dirait déjà quelque chose de l’état du lien entre Rome et l’Église française en 2025.

