Marion Cotillard accompagne vendredi à Cannes le thriller de Guillaume Canet, Karma, présenté hors compétition. Le film, neuvième long métrage du réalisateur, met en scène une femme au passé trouble accusée d’avoir enlevé son fils.
Le festival a commencé il y a trois jours, et Cotillard se retrouve déjà au cœur de plusieurs rendez-vous de la Croisette. À 14 h 30, elle apparaît aussi dans Cantona, documentaire consacré à Eric Cantona et programmé en séance spéciale, tandis qu’à 14 heures Soudain, de Ryusuke Hamaguchi, est projeté en compétition pour la Palme d’or. Le film dure un peu plus de trois heures.
Cette présence multiple dit beaucoup de la place occupée par Cotillard cette année à Cannes: elle passe d’un thriller signé par son ancien compagnon à un documentaire et à une compétition officielle, dans un calendrier qui ne lui laisse aucun répit. Elle figure aussi dans Histoires parallèles d’Asghar Farhadi, présenté parmi les films les moins réussis de la compétition.
Le point le plus frappant reste la manière dont Cannes la fait circuler entre des projets très différents, sans qu’un seul d’entre eux résume sa présence sur place. Karma l’installe dans le hors compétition avec Canet, Cantona la rapproche d’un homme qui ne veut plus parler de football, et Soudain l’emmène au cœur de la course à la Palme d’or. L’ensemble donne à Cotillard une visibilité rare dans une seule journée de festival.
Elle-même a déjà défendu l’idée que le cinéma peut faire bouger les lignes. Évoquant La Vie d’Adèle, elle a rappelé que ce film avait changé beaucoup de choses et que, selon elle, la présence de couples de femmes dans la rue s’est nettement accrue, au moins à Paris et dans les grandes villes. À ses yeux, cet exemple montre que le cinéma peut casser les stéréotypes de genre. À Cannes, cette idée prend une résonance particulière: Cotillard n’est pas seulement présente au festival, elle y traverse plusieurs récits qui disent chacun quelque chose du cinéma qu’on y célèbre.

