Des paléontologues ont identifié en Thaïlande une nouvelle espèce de dinosaure à long cou, Nagatitan chaiyaphumensis, dont les restes suggèrent un animal de plus de 88 pieds de long et pesant près de 30 tons. L’annonce a été faite jeudi dans la revue Scientific Reports, après l’étude de fossiles découverts il y a neuf ans dans la province de Chaiyaphum, au nord-est du pays.
La découverte remonte à 2016, lorsque Thanom Luangnan a remarqué d’étranges roches au bord d’un bassin public et a signalé sa trouvaille au Department of Mineral Resources. Ce sont ces fragments, extraits d’une couche de roche vieille de 113 millions d’années, qui ont permis d’identifier l’espèce. Le matériel comprend des vertèbres, des côtes, des os du bassin et des os des membres, un ensemble suffisamment riche pour distinguer Nagatitan des autres sauropodes connus dans la région.
Le nom choisi relie le dinosaure à son lieu de découverte et au Naga, le serpent géant de la tradition populaire d’Asie du Sud-Est. Pour les chercheurs, la taille estimée de l’animal a immédiatement retenu l’attention. Sita Manitkoon a indiqué que les premières mesures des os exhumés laissaient penser qu’il pouvait s’agir du plus grand dinosaure jamais trouvé en Asie du Sud-Est.
Le nouveau fossile est aussi le spécimen de sauropode le plus complet découvert dans la formation de Khok Kruat, selon Pedro Mocho. Jusqu’ici, les grands dinosaures de Thaïlande n’étaient connus que par des morceaux de squelette, ce qui limitait fortement les comparaisons. Nagatitan appartient au groupe des somphospondyli, un ensemble de sauropodes qui comprend certains des plus imposants animaux terrestres ayant jamais existé.
À l’époque où Nagatitan vivait, entre 110 et 120 millions d’années, la Thaïlande était plus proche de l’équateur qu’aujourd’hui et la région était couverte de broussailles relativement ouvertes et légèrement sèches. Les chercheurs estiment que ce contexte de climat et de végétation a pu aider à créer des conditions favorables à l’apparition de géants. Le cas de Nagatitan renforce aussi l’idée que les sauropodes ont atteint des tailles colossales à plusieurs reprises, indépendamment les uns des autres, sur au moins six masses continentales et à plus de 30 reprises au cours de plus de 100 millions d’années.
Les comparaisons avec d’autres titans du passé replacent toutefois la nouvelle découverte à sa juste échelle. Patagotitan est estimé à 60 tons, et Dreadnoughtus à environ 50 tons, ce qui montre que Nagatitan n’était pas nécessairement le plus lourd de tous les géants, même s’il compte parmi les plus massifs jamais mis au jour en Asie du Sud-Est. La découverte vient désormais enrichir une région dont le registre fossilifère était jusque-là trop fragmentaire pour raconter l’histoire complète de ses géants disparus.

