Lecture: Xavier Giannoli et Les Rayons et les Ombres, succès discret avant Cannes

Xavier Giannoli et Les Rayons et les Ombres, succès discret avant Cannes

Publié
2 min de lecture 14 vues
Publicité

Alors que s’ouvrait la 79e édition du , regardait déjà son film partir en fin de course. Sorti le 18 mars, Les Rayons et les Ombres s’apprêtait à terminer son exploitation commerciale en France avec près de 900.000 admissions, un score rare pour un film de plus de trois heures sur un sujet aussi inflammable que la collaboration.

Ce résultat donne une mesure très concrète de l’accueil réservé au film. Dans un marché français où les œuvres longues peinent souvent à tenir, Giannoli a réussi à installer son récit sur la durée, sans le soutien de Cannes et sans la rampe de lancement qu’offre la compétition. Le réalisateur l’a assumé d’emblée: « Je ne me voyais pas le présenter pendant le Festival de Cannes, je voulais que le film soit protégé de ce cirque ».

Le choix dit beaucoup de sa stratégie. En mettant de côté Cannes, Giannoli a évité d’exposer Les Rayons et les Ombres à la mécanique du festival au moment même où le film devait trouver son public, alors qu’il aborde un pan toujours sensible de l’histoire française. Le long métrage s’inscrit aussi dans un moment où plusieurs films présentés à Cannes reviennent sur les années troubles de l’Occupation, signe d’un regain d’intérêt pour cette période dans le cinéma français.

- Advertisement -

Cette coïncidence crée une forme de contraste. D’un côté, un film déjà lancé, déjà jugé par les spectateurs, déjà proche de 900.000 entrées. De l’autre, une sélection cannoise qui remet le même passé en circulation, mais dans un cadre où la réception critique, l’événement et la polémique peuvent prendre le dessus sur l’adhésion du public. Giannoli a manifestement préféré laisser son film vivre hors de ce bruit-là.

À ce stade, la lecture est claire: le pari a tenu. Les Rayons et les Ombres n’a pas eu besoin de Cannes pour exister, et son parcours commercial montre qu’un film long, ambitieux et frontal peut encore trouver un large public en France lorsqu’il arrive au bon moment et sans être noyé dans la bataille du festival.

Publicité
Partager cet article