Netflix a mis en ligne mercredi Le Bus: Les Bleus en grève, un documentaire de 79 minutes signé Yoan Zerbit et Stephen Kamga qui revient sur la crise des Bleus au Mondial 2010. Le film rouvre le dossier Anelka-Domenech, au cœur du chaos de la sélection française après la défaite 2-0 contre le Mexique.
Le récit se concentre sur l’altercation survenue à la pause de France-Mexique, dans le vestiaire du stade Peter-Mokaba, à Polokwane. François Manardo y raconte que Nicolas Anelka lui a confirmé samedi matin qu’il y avait eu un accrochage, avant de lui dire: « Je n’ai jamais insulté le coach, je lui ai dit d’aller se faire foutre, lui et son équipe de merde. »
Dans le documentaire, Raymond Domenech dit qu’Anelka ne l’a jamais traité de « fils de pute ». Il affirme: « Il m’a tutoyé » et rapporte cette phrase: « Fais-la, ton équipe de merde ». L’ancien sélectionneur ajoute aussi, à propos du film, que le débat sur cette affaire lui importe peu: « Vous pouvez pas imaginer à quel point je m’en fous. Mentir, démentir, ça m’importait peu ».
Le choc public date du 19 juin 2010, quand L’Équipe a publié sa une avec le titre: « Va te faire enculer, sale fils de pute ! ». À la suite de cette publication, la Fédération française de football a exclu Anelka du groupe, et les joueurs de l’équipe de France se sont mis en grève le lendemain à Knysna, sous l’œil des caméras du monde entier. Anelka a ensuite écopé d’une suspension de 18 matches, la plus lourde jamais infligée à un international français selon RMC Sport.
Le documentaire ne se contente pas de rejouer une séquence connue. Vincent Duluc y explique comment les journalistes de L’Équipe ont appris l’existence de l’altercation dans le vestiaire à la mi-temps de France-Mexique, tandis que Domenech dit pour la première fois avoir partagé son journal intime avec la production. C’est aussi ce qui rend le film si frontal: il ne cherche pas à refermer Knysna, il remet au contraire les témoins face à leurs propres mots, plus de 14 ans après les faits.
Jeudi matin, Domenech a dénoncé sur X un « film totalement à charge », une « partialité nauséabonde », un « réquisitoire extraordinairement violent » et un « viol de mon âme ». Le documentaire relance ainsi une affaire où chaque version prétend encore dire la vérité, mais où les mots de 2010 continuent de faire plus de dégâts que les images.
