Lionel Carmant a été questionné mardi, pendant l’étude des crédits budgétaires 2026-2027 du ministère de la Santé et des Services sociaux, au sujet du suivi donné à l’enquête systémique menée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en Mauricie-et-Centre-du-Québec. Le ministre a défendu le travail en cours, alors que l’opposition réclame des réponses sur la façon dont la région gère ses dossiers de protection de la jeunesse.
Tout est parti d’un rapport d’enquête systémique publié en avril 2025 par la CDPDJ. Les enquêteurs avaient d’abord demandé 140 dossiers à examiner, mais le nombre est ensuite monté à 157 dossiers. À la suite de ce rapport, les autorités ont commencé à répondre à la recommandation numéro 2 en passant en revue tous les dossiers où des décisions de placement ou d’adoption avaient été prises depuis l’enquête de la Commission. Ce deuxième examen porte sur 1 500 dossiers.
Ce volume donne la mesure de l’ampleur du problème. Dans l’état actuel des choses, aucune des 157 familles visées par l’enquête de la CDPDJ n’avait été contactée au moment évoqué mardi. Brigitte B. Garceau, porte-parole libérale en matière de protection de la jeunesse, a dénoncé la lenteur du suivi et a lancé: « On a inventé des faits pour accélérer des adoptions... on attend quoi pour communiquer avec ces parents, surtout ceux qui n’ont pas perdu leurs enfants encore, mais qui sont en processus d’adoption? »
Le débat se déroule dans un climat déjà tendu autour de la gestion de la protection de la jeunesse dans la région. À l’automne 2024, Lionel Carmant a décrété une tutelle au DPJ régional, mais le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec préfère parler d’« accompagnement ». Quand on l’a interrogé sur cette divergence, le ministre a répondu: « C’est leur interprétation ». Il a ajouté que des commentaires seraient transmis une fois tout le travail terminé.
Il reste toutefois un point qui alimente les critiques: selon les éléments rendus publics mardi, Carmant et la directrice régionale Sonia Mailloux se sont parlés verbalement, mais aucun rapport écrit ne lui avait été remis sur l’avancement des travaux ni sur la conduite de la tutelle. Pendant ce temps, les autorités cherchent à convaincre la CDPDJ d’autoriser les réviseurs à travailler sur un audit partiel pour accélérer le processus. Le sort de ces dossiers ne dépend donc plus seulement des constats du rapport, mais de la capacité du ministère à faire accepter une méthode plus rapide sans rouvrir les mêmes inquiétudes sur la transparence et le rythme du suivi.
