Kylian Mbappé a de nouveau pris la parole sur le terrain politique, cette fois dans un entretien publié mardi par Vanity Fair, où le capitaine de l’équipe de France a réaffirmé sa crainte d’une arrivée du RN au pouvoir. À 27 ans, l’attaquant a rejeté les critiques reçues après avoir appelé, pendant les législatives de 2024, les Français et surtout les jeunes à se mobiliser contre « les extrêmes ».
Le débat avait pris de l’ampleur parce que le RN était arrivé en tête au premier tour des législatives de 2024, et que les propos de Mbappé avaient immédiatement suscité une riposte de Jordan Bardella. Le président du RN lui avait alors reproché de ne pas pouvoir comprendre ce que vivent ses compatriotes en raison de son mode de vie extraordinaire.
Dans Vanity Fair, Mbappé a refusé de laisser cette critique sans réponse. « Cela me touche, parce que je sais ce que ça signifie, et je sais ce qui peut arriver à mon pays si ces gens-là prennent le pouvoir », a-t-il dit. Il a aussi défendu le droit des sportifs à se prononcer sur la vie publique. « Nous sommes des citoyens. Nous avons le droit de donner notre opinion, comme tout le monde », a-t-il ajouté.
Ses mots sont arrivés au moment où la séquence politique autour de lui a continué d’alimenter les réactions. Mercredi, Marine Le Pen a assuré sur RTL que la prédiction de Mbappé selon laquelle le RN ne gagnerait pas les élections la rassurait, allant jusqu’à dire que son départ du PSG pour le Real Madrid s’était accompagné d’une promesse de gagner la Ligue des champions, alors que le PSG a finalement gagné. Elle a conclu en substance que, s’il continuait à dire que le RN ne gagnerait pas, cela lui convenait très bien.
Le même jour, Christophe Dugarry a estimé sur RMC que cette prise de parole pouvait entraîner des « répercussions » pour l’équipe de France avant la Coupe du monde 2026, qui commence dans moins d’un mois. « Bien sûr qu'il ne faut pas lui interdire (de parler), moi je parle du moment. Ça change tout », a-t-il dit, avant d’ajouter que cela « crée des problèmes et des tensions » et de demander pourquoi provoquer une polémique sans valeur alors que l’équipe est « talentueuse et forte ».
Jeudi, interrogée sur ICI Hérault, la ministre Marina Ferrari a choisi de ne pas entrer dans la controverse. « Les sportifs sont des citoyens comme les autres. Leur parole est libre. Je n’ai pas à commenter ce propos », a-t-elle déclaré. De son côté, Bardella a de nouveau répliqué à Mbappé en évoquant les succès du PSG depuis le départ du joueur.
La sortie de Mbappé prolonge ainsi un échange commencé pendant la campagne législative et qui dépasse désormais le seul cadre du football. Le patron du RN a choisi d’en faire une affaire d’image, Le Pen y voit au contraire un message rassurant, et Dugarry alerte sur les effets collatéraux possibles dans un vestiaire à la veille d’un Mondial décisif. Pour Mbappé, le point central reste inchangé: il dit craindre ce qui pourrait arriver à la France si le RN accédait au pouvoir, et il entend conserver le droit de le dire.

