Sona Lakhoyan Olivier a reconnu jeudi avoir enfreint le code d’éthique de l’Assemblée nationale et a accepté la sanction recommandée contre elle, sans quitter son siège de députée de Chomedey. Dans un long exposé émotif livré au Salon rouge, elle a dit simplement: « Je m’excuse. »
La commissaire à l’éthique, Me Ariane Mignolet, a conclu que, d’avril à juin 2025, des membres du personnel de la députée avaient été mobilisés pendant plusieurs semaines pour la campagne de leadership de Pablo Rodriguez, alors qu’ils étaient payés par l’Assemblée nationale et qu’ils menaient des activités partisanes durant leurs heures normales de travail. Le bureau de circonscription aurait aussi servi à accueillir ces activités le jour, le soir et la fin de semaine, notamment pour recruter des membres et les aider à voter.
Jeudi, Lakhoyan Olivier a assumé publiquement ce dossier en disant reconnaître « avoir commis une erreur » et avoir dépassé certaines limites du code en lien avec des activités partisanes. Elle a ajouté qu’elle n’avait pas voulu agir de façon inappropriée et qu’elle avait cru, « de bonne foi », que ses gestes ne franchissaient pas la ligne interdite. Dans le même souffle, elle a confirmé qu’elle n’entendait pas contester la décision et qu’elle poursuivrait son travail auprès des électeurs de Chomedey. « J’ai appris de mes erreurs », a-t-elle dit.
Le rapport va toutefois plus loin que l’usage partisan des ressources publiques. Me Mignolet dit que la députée a posé des gestes après le début de l’enquête qui ont nui à ses fonctions, en discutant à plusieurs reprises avec des membres de son équipe, malgré l’interdiction. Elle soutient aussi qu’à l’intérieur de quelques heures suivant la réception de l’avis d’enquête, le 3 décembre, Lakhoyan Olivier a supprimé des éléments de preuve, dont des échanges WhatsApp utilisés à la fois à des fins professionnelles et partisanes. La commissaire a qualifié cette conduite de manquant d’« uprightness, propriety, honesty, and sincerity », et de manquer de respect envers l’Assemblée nationale.
La sanction recommandée est de 8 000 $, mais elle ne prendra effet qu’après un vote des députés à la prochaine séance de l’Assemblée nationale. Le point le plus lourd du dossier n’est donc plus de savoir si la députée regrette ses gestes: elle l’a dit elle-même. La question qui reste est celle de l’Assemblée, appelée à décider si des excuses publiques suffisent à clore un cas où un bureau payé par l’État et du personnel rémunéré par l’institution ont servi à une course à la direction partisane.

