Le Salon rouge de l’Assemblée nationale a servi, jeudi matin, de scène à Sona Lakhoyan Olivier pour une mise au point attendue depuis une semaine. L’élue, qui siège maintenant comme députée indépendante, y a présenté ses excuses formelles après avoir été blâmée pour avoir utilisé des ressources parlementaires à des fins partisanes dans le contexte de la course de Pablo Rodriguez à la direction du Parti libéral du Québec.
Devant ses collègues, avant la période de questions, Mme Lakhoyan Olivier a lu une déclaration dans laquelle elle a admis avoir franchi une ligne. « Je reconnais avoir commis une erreur et dépassé certaines limites prévues au Code d'éthique et de déontologie des membres l'Assemblée nationale en lien avec des activités partisanes », a-t-elle dit, ajoutant: « Ce n'était pas mon intention d'agir de façon inappropriée ni d'aller à l'encontre de règles qui encadrent nos fonctions ». Elle a aussi soutenu avoir toujours cru, de bonne foi, que ses gestes ne dépassaient pas les limites permises.
La députée a poursuivi en disant qu’elle tirait une leçon de l’épisode. « Aujourd'hui, malgré le caractère difficile de cette épreuve, je peux dire que j'ai appris de mes erreurs », a-t-elle affirmé. « Cette expérience m'amène à poursuivre mon travail avec encore plus de prudence, de rigueur et de discernement. » Elle a quitté le Salon rouge immédiatement après sa prise de parole, sans répondre aux questions des journalistes.
Cette sortie publique survient une semaine après le dépôt du rapport de la commissaire à l’éthique, Ariane Mignolet, qui recommandait une pénalité de 8 000 $. Mme Lakhoyan Olivier a dit prendre acte de cette décision et accepter la sanction. « Je prends acte de la décision de la commissaire avec respect et j'accepte la sanction qui m'est imposée », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter: « Sans commenter le montant de la pénalité, je l'accepte sans contestation. »
Le dossier remonte à décembre, quand une enquête a été ouverte et qu’elle a été exclue du caucus parlementaire du PLQ. Depuis, elle siège comme indépendante à l’Assemblée nationale. Le chef libéral, Charles Milliard, a indiqué jeudi dernier qu’elle resterait à l’écart du caucus et qu’il chercherait une autre candidate pour la circonscription de Laval lors de la prochaine élection générale.
Le vote des élus sur la sanction est prévu pour le 26 mai. À ce stade, Mme Lakhoyan Olivier n’a pas signalé qu’elle comptait quitter ses fonctions. En se disant prête à continuer avec « prudence, rigueur et discernement », elle a surtout cherché à refermer un épisode qui mêle règles d’éthique, discipline parlementaire et calcul politique, tout en laissant aux députés le dernier mot sur la pénalité.

