Le SPVM a démantelé vendredi soir une équipe de patrouille de nuit à Montréal-Nord et a retiré ses membres de leurs fonctions jusqu’à nouvel ordre. Vers 21 h, des dirigeants du service se sont rendus au Poste de quartier 39 pour annoncer la mesure à une quinzaine de policiers touchés par diverses mesures administratives.
Ce sont eux que le public cherche à comprendre ce vendredi: des agents du même quart de travail, affectés presque exclusivement aux rondes de nuit, sont soupçonnés de comportements racistes répétés et coordonnés. Plusieurs ont été suspendus, d’autres ont été déplacés vers des tâches administratives sans contact avec le public, et certains ont été envoyés dans d’autres unités ailleurs sur le territoire.
Le dossier ne se limite pas à une sanction collective. Au total, une quinzaine de policiers sont visés, dont deux sergents, et plusieurs ont aussi vu leurs armes de service retirées. Les agents concernés sont surtout de jeunes hommes comptant quelques années d’expérience, et ils auraient été dénoncés par certains de leurs collègues. Pour le SPVM, le geste posé vendredi montre qu’il n’attend plus l’issue de l’enquête pour écarter l’équipe de la circulation normale du service.
Les soupçons portent sur des interventions répétées visant des personnes noires et des personnes d’origine arabe, avec une conduite qui aurait été encouragée et coordonnée à l’intérieur du groupe. Certains policiers sont aussi soupçonnés d’avoir coupé les cheveux d’hommes qu’ils avaient interpellés, puis d’avoir conservé ces cheveux comme trophées. D’autres agents du poste auraient demandé à changer d’affectation à cause des comportements et des propos du groupe.
Ce qui frappe, c’est qu’au moment où le SPVM prend des mesures administratives majeures, personne n’est accusé de quoi que ce soit dans ce dossier pour l’instant. Une enquête des affaires internes a été ouverte en mars, mais la fréquence exacte des incidents allégués, notamment ceux liés à la coupe de cheveux, n’est pas connue publiquement.
Le SPVM devait faire un point public sur l’affaire vendredi soir, au moment même où l’équipe de Montréal-Nord était écartée du service. La suite dépendra de ce que l’enquête interne établira sur le rôle de chacun, mais sur le terrain, le signal envoyé est déjà clair: cette patrouille de nuit ne reprendra pas son travail avant nouvel ordre.

