Crave met en ligne Bon Cop, Bad Cop et, avec la série, le documentaire Bon Cop, Bad Cop: Histoire de familles, où Patrick Huard raconte à quel point cette nouvelle étape de la saga a failli lui échapper. L’acteur, qui reprend son rôle de David Bouchard, dit avoir atteint un tel niveau d’épuisement professionnel qu’il n’a pas été capable de mener le projet à son terme.
Ce qui attire les lecteurs aujourd’hui, c’est moins le retour de la série que ce qu’Huard révèle sur sa fabrication. Le nouveau chapitre se déploie entre Montréal, Toronto et la réserve autochtone de Gegaspegiag, en Gaspésie, mais derrière l’écran, la production a été secouée par des retards, des coûts additionnels, de l’équipement brisé et un remaniement forcé après le retrait de Colm Feore quelques jours avant le tournage.
Huard n’a pas caché l’ampleur du choc. Il a décrit le remplacement de Feore comme un cauchemar, et il a expliqué qu’un autre acteur a subi un AVC pendant la production, ce qui a obligé l’équipe à le remplacer à la dernière minute. Dans le même temps, les journées s’étiraient, les factures montaient et la mécanique du tournage se compliquait, au point de transformer un projet de fiction en course d’endurance.
Le point de rupture, pour Huard, est arrivé avant la fin. Il dit s’être rendu à bout dans le projet et ne plus avoir pu le finir lui-même. C’est là qu’Anik Jean a pris une place centrale dans le récit, en racontant qu’ils ont dû réinjecter tous leurs salaires dans la production pour la mener à terme. Elle ajoute que l’équipe a réussi à faire des miracles, dans des conditions qui équivalaient, selon ses mots, à faire trois films avec une journée de moins que pour le deuxième Bon Cop, Bad Cop.
Ce qu’il reste, à la sortie de cette version complète sur Crave, c’est un film et une série qui ont survécu à une succession de crises de plateau. La question ouverte n’est plus de savoir si le projet a vu le jour, mais à quel point son résultat final porte encore la trace de cette production chaotique — et si la recasting de Colm Feore, restée pendant un temps un casse-tête de dernière minute, a été complètement absorbée par l’équipe au montage du projet fini.
