Lecture: Sophie Faucher meurt à Montréal à 68 ans après une longue maladie

Sophie Faucher meurt à Montréal à 68 ans après une longue maladie

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est morte mardi à Montréal, entourée des siens, à 68 ans, après une longue maladie. Pour le milieu culturel québécois, c’est la disparition d’une figure qui avait traversé plus de quatre décennies de scène, d’écran et de mots.

Si son nom revient avec autant d’écho aujourd’hui, c’est aussi parce que sa mort survient quelques mois après son retrait de Le duplex, en avril, alors qu’elle devait monter sur scène l’été avec , et François Massicotte. À ce moment-là, sa santé s’était déjà détériorée, et le retour du cancer l’avait forcée à s’éloigner d’un spectacle attendu.

Née à Montréal le 10 avril 1958, fille de l’actrice et du réalisateur , elle avait commencé sa carrière à 20 ans après ses études au . Très tôt, elle avait trouvé sa place dans des rôles qui l’ont installée durablement dans la mémoire du public, d’Antigone au Rideau Vert, avec Jean-Louis Roux dans le rôle de Créon, à Marie Stuart, reine d’Écosse, au Théâtre Denise-Pelletier sous la direction de sa mère.

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Au fil du temps, Faucher est devenue bien plus qu’une interprète de théâtre. Elle a joué à la télévision, au théâtre et au cinéma, tout en menant un important travail de doublage pour des films américains et des publicités télévisées. En 2005, elle a remporté un Gémeaux pour son rôle de Crystale Bouvier-Montgomery dans .

Elle a aussi écrit des pièces, dont Apasionada et La Casa Azul, et publié des livres pour enfants comme Je m’appelle Frida Kahlo, Frida, la reine des couleurs et Maria, Pita et l’opéra. Son attachement à Frida Kahlo allait jusqu’à la collection d’affiches, de figurines, de livres et d’objets consacrés à la peintre mexicaine, une passion qui a nourri une part entière de son œuvre.

Sa fin de parcours porte pourtant une note plus dure. Après avoir combattu un premier cancer au milieu des années 2010, elle avait vu sa santé rechuter au début de l’année, alors qu’elle était décrite comme une artiste vive, portée par un fort appétit de vie. Ce contraste donne un relief particulier à sa disparition: derrière la présence familière qu’elle incarnait pour plusieurs générations, il y avait aussi une lutte qui s’est imposée de nouveau quand on s’attendait encore à la retrouver sur scène.

Il ne reste pas, pour l’instant, d’autre rendez-vous que ce vide. Ce mardi à Montréal marque la fin d’une carrière dense et multiple, et laisse derrière elle une question plus simple que toutes les autres: comment une artiste qui a habité autant d’espaces du paysage québécois va-t-elle continuer à être racontée sans sa voix?

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