Patrick Bruel a été placé en garde à vue lundi 8 juin à 8 h 30 dans une enquête portant sur des plaintes pour violences sexuelles. Le parquet de Nanterre a confirmé la mesure, et le chanteur de 67 ans est entendu dans les locaux du 1er district de la police judiciaire, à Paris.
C’est un tournant procédural dans un dossier qui s’est construit par strates, autour d’une dizaine de plaintes visant des faits de viol et d’agression sexuelle. Les enquêteurs doivent l’entendre sur des accusations allant de 1997 à 2015, dans plusieurs villes et plusieurs pays, avec au centre des plaintes déposées par Daniela Elstner pour tentative de viol et agression sexuelle à Acapulco, par une journaliste culturelle pour tentative de viol à Monaco, par une salariée de son label pour deux agressions sexuelles, et par une femme qui a signalé des faits en 2001.
L’audition survient aussi au moment où une dénonciation officielle transmise par les autorités belges a été ajoutée au dossier au début de juin, concernant une femme de 40 ans qui accuse Bruel de viol et d’agression sexuelle à Bruxelles en 2010. Au total, il doit être interrogé sur des faits visant 13 victimes, ce qui donne à cette garde à vue un périmètre bien plus large qu’une plainte isolée.
Le dossier reste pourtant traversé par une ligne de fracture nette. Bruel conteste fermement les accusations et demeure présumé innocent, tandis que ses avocats disent qu’il avait fait savoir depuis plusieurs semaines qu’il se tenait à la disposition de la justice pour répondre dans le cadre de la procédure. Dans ce même ensemble, la plainte de Flavie Flament, avec constitution de partie civile pour viol, ne sera pas abordée pendant cette garde à vue, alors que la plainte d’Ophélie Fajfer pour viol et agression sexuelle en 2015 à L’Isle-sur-la-Sorgue a été rouverte malgré un classement sans suite en 2022.
Bruel peut être entendu pendant 48 heures au maximum, jusqu’à mercredi matin. À l’issue de ce délai, il pourra être remis en liberté ou présenté à un magistrat, et la suite dépendra surtout de ce que les enquêteurs auront pu obtenir sur la cohérence d’un dossier où plusieurs plaintes anciennes, certaines classées, ont été rassemblées en une seule séquence judiciaire.

