Plus de 300 personnes se sont réunies dimanche 7 juin à Laval pour une marche blanche en hommage à Mélanie, 39 ans, retrouvée morte jeudi 4 juin dans son appartement. Le rassemblement a commencé à 11 heures dans le quartier Saint-Nicolas, avec une ville encore secouée par la mort de cette mère de trois enfants, âgés de 11, 9 et 5 ans.
Pour Mehdi, la marche avait un visage familier et un goût de déjà-vu. Il a dit que c’était la deuxième fois qu’il participait à une marche blanche après le meurtre d’une femme et qu’il voyait Mélanie tous les jours dans le quartier. « C’est un fléau et ça me choque », a-t-il confié, ajoutant qu’il pensait à ses enfants. Son témoignage dit pourquoi ce rendez-vous du 7 juin a compté tout de suite: à Laval, le drame n’a pas seulement bouleversé une famille, il a touché des habitants qui croisaient la victime au quotidien.
Le maire de Laval, Florian Bercault, était présent sur place. Il a dit que la ville était « évidemment sous le choc » après le drame subi par Mélanie et a rappelé qu’une Maison pour les Femmes peut accueillir de manière inconditionnelle celles qui en ont besoin. Dans le quartier, des voix veulent désormais réduire l’isolement et mieux orienter les femmes vers les dispositifs existants, pour qu’aucune autre histoire ne se referme dans le silence.
Mais le dossier laisse une zone d’ombre difficile à accepter. La procureure de la République de Laval a indiqué que le mis en cause avait reconnu avoir étranglé la victime. Le couple était séparé depuis plusieurs mois, mais aucune violence intrafamiliale n’était recensée auprès de la justice pour cette relation. L’homme, âgé de 32 ans, a déjà été condamné pour conduite sans permis et vol. Autrement dit, rien dans les registres judiciaires n’annonçait ce passage à l’acte, ce qui rend la question des alertes manquées encore plus lourde.
L’ex-conjoint de Mélanie a été interpellé vendredi 5 juin à Paris après avoir pris le train depuis Laval. La marche blanche de dimanche a donc eu lieu presque aussitôt après l’arrestation, alors que la procédure judiciaire n’avait pas encore livré de nouvelle étape publique. À ce stade, la seule réponse visible reste celle des habitants rassemblés autour d’un prénom et d’une interrogation qui dépasse Laval: qu’est-ce qui aurait pu être vu à temps, et par qui ?

