Des astronautes de la Station spatiale internationale se sont brièvement réfugiés vendredi dans leur vaisseau Dragon après que la NASA leur a demandé de se mettre en position de sécurité pendant des travaux sur une fuite à bord du complexe orbital. La Française Sophie Adenot figurait parmi les membres de l’équipage concernés, avec Jessica Meir, Jack Hathaway, Andreï Fediaïev et Chris Williams.
L’épisode a attiré l’attention parce qu’il est survenu en plein travail de réparation sur le module russe Zvezda, où Roscosmos avait prévu des opérations pour colmater une fuite détectée. La NASA a ensuite levé la mesure et l’équipage a préparé son retour à bord de la station, après une alerte brève mais inhabituelle pour des astronautes déjà formés à ce type de procédure.
Bethany Stevens a indiqué sur X que la consigne concernait les quatre membres de l’équipage SpaceX Crew-12 ainsi que Williams. Les quatre membres de Crew-12 étaient les Américains Jessica Meir et Jack Hathaway, le cosmonaute russe Andreï Fediaïev et Adenot, tandis que Williams avait rejoint la station à bord d’un vaisseau russe. Depuis des années, une portion du module Zvezda fait l’objet de fuites d’air persistantes, et une nouvelle fuite avait encore été détectée en mai.
C’est là que le dossier se complique. Roscosmos a dit que ses cosmonautes avaient découvert deux points susceptibles de présenter des fuites d’air, que le premier avait été immédiatement colmaté et que les travaux se poursuivaient pour préparer le second. Mais la NASA a indiqué que les équipes russes n’avaient effectué aucune action physique, ce qui laisse deux récits très différents sur ce qui s’est réellement passé pendant l’intervention.
À bord, la scène est restée brève. Jack Hathaway a parlé à la salle de contrôle de Houston en disant: « On va ranger ce qu’on a mis en désordre et reprendre le cours de notre journée ». La NASA a présenté la mise à l’abri comme une mesure de prudence et de précaution, une procédure qui fait partie de l’entraînement et qui est pratiquée à bord de l’ISS comme sur Terre.
Le fond du problème, lui, ne change pas vite. L’ISS est occupée en permanence depuis plus de 25 ans et doit être désorbitée à l’horizon 2030, ce qui donne à chaque incident sur Zvezda une résonance particulière. La vraie question, désormais, n’est pas de savoir si l’équipage sait réagir, mais combien de temps encore la station pourra absorber ce genre d’alerte sans que la routine orbitale s’en trouve durablement perturbée.
