Les acheteurs canadiens ont de nouveau été la principale source de demande internationale pour l’immobilier américain au premier trimestre 2026, avec 37,8 % du trafic en ligne étranger. La reprise est réelle, mais elle reste incomplète après la chute provoquée l’an dernier par l’annonce de droits de douane américains sur les produits canadiens.
C’est ce que regardent aujourd’hui les courtiers, les vendeurs et les lecteurs qui suivent le marché transfrontalier: le dernier point de mesure montre si l’intérêt canadien a simplement résisté au choc ou s’il a vraiment rebondi. Le trafic international ne représentait que 1,6 % de l’ensemble des visites sur Realtor.com au T1 2026, contre 1,8 % au T1 2025 et 1,2 % au T1 2020, ce qui souligne un marché étranger encore limité dans le volume total, mais toujours assez actif pour peser sur certaines villes.
Dans ce trafic venu de l’étranger, Miami a été le marché américain le plus recherché, avec 10,3 % des vues internationales au T1 2026. New York a suivi avec 4,7 %, Los Angeles avec 4,6 %, Orlando avec 3,0 % et Tampa avec 2,8 %. La géographie de l’intérêt étranger ne se limite pas à la Floride: Dallas attire aussi davantage d’acheteurs venus d’Amérique du Nord hors États-Unis, d’Océanie et d’Amérique du Sud, signe que plusieurs marchés du Sun Belt continuent de capter des demandes venues de loin.
Le point le plus parlant reste toutefois le Canada. Sa part du trafic international avait chuté de 41,8 % à 34,8 % au T1 2025 après l’annonce des tarifs, avant de remonter à 37,8 % un an plus tard. Le rebond compte, mais l’écart n’est pas comblé. Le rapport ne dit pas ce qui a relancé les recherches canadiennes au T1 2026, seulement qu’elles n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant la rupture commerciale. Pour certains marchés très exposés aux acheteurs canadiens, la dépendance reste forte: Cape Coral tire 71 % de sa demande internationale du Canada, Naples 70,9 % et Phoenix 66,9 %.
La même carte montre aussi un glissement plus large des goûts étrangers. L’intérêt international pour Los Angeles est passé de 7,9 % à 4,6 % entre les comparaisons de T1 2020 et T1 2026, tandis que les parts venues d’Europe, d’Asie et d’Océanie y ont toutes reculé. À l’inverse, Miami a gagné du terrain auprès des acheteurs européens, et New York a légèrement progressé auprès des acheteurs asiatiques. Le constat qui se dégage est simple: les Canadiens restent le premier moteur de la demande étrangère aux États-Unis, mais leur reprise demeure fragile et rien, dans ces chiffres, ne permet encore de dire qu’elle est revenue à son niveau d’avant les tarifs.
