Un juge fédéral a tranché vendredi que l’effort de Donald Trump pour rebaptiser le Kennedy Center était illégal et a ordonné à son équipe de revenir en arrière dans un délai de 14 jours. U.S. District Court Judge Christopher Cooper a estimé que la manœuvre devait être annulée.
Cette décision tombe au moment où la bataille autour du John F. Kennedy Center for the Performing Arts s’est déjà transformée en affaire politique majeure. Joyce Beatty, démocrate de l’Ohio, avait saisi la justice après avoir été exclue du vote sur le changement de nom, une exclusion qui a servi de point de départ à son recours.
Beatty soutenait que la procédure était viciée et qu’un changement de nom de cette ampleur ne pouvait pas passer sans approbation du Congrès. Le tribunal lui a donné raison. Cooper a jugé vendredi que l’initiative de Team Trump était « manifestement illégale », en clair parce que l’autorisation parlementaire requise n’avait jamais été obtenue.
Le conflit ne s’est pas arrêté au prétoire. Peu avant Noël, des alliés de Trump avaient affirmé avoir rebaptisé le lieu et ajouté son nom au bâtiment, comme si l’affaire était déjà réglée. Le président a ensuite relancé le dossier par une longue réaction de 580 mots vendredi après-midi, disant que son camp allait travailler avec le Congrès pour renvoyer cette institution « défaillante » vers les élus afin qu’ils décident de son sort.
La suite a été plus brutale encore. Samedi matin, Trump a publié un message de 721 mots visant aussi l’épouse du juge et a déclaré que le système judiciaire était « RIGGED ». Samedi soir, il a dit que Cooper et sa femme « devraient avoir honte d’eux-mêmes » et a demandé que le juge soit destitué.
Cette attaque a une portée qui dépasse largement le Kennedy Center. Trump est devenu, selon le dossier, le premier président américain moderne à réclamer explicitement la destitution d’un juge fédéral en exercice pour une décision qui ne lui plaisait pas, deux mois seulement après le début de son second mandat. La pression politique est d’autant plus visible que, selon le même décompte, des élus républicains ont déjà déposé des résolutions de mise en accusation contre huit juges fédéraux, avec le soutien de Mike Johnson plus tôt cette année.
La question immédiate est désormais simple: l’équipe de Trump obéira-t-elle au délai de 14 jours fixé par Cooper pour effacer le changement de nom, ou choisira-t-elle d’en faire un nouveau bras de fer? Le tribunal a répondu sur le fond, mais il reste à voir si la Maison Blanche assumera de rendre au Kennedy Center le nom que le Congrès n’avait jamais cessé de protéger.

