Luc Provençal a annoncé vendredi matin qu’il ne sera pas candidat à l’élection provinciale d’octobre et qu’il quittera la politique à la fin de son mandat. Le député de Beauce-Nord met ainsi fin à un parcours de huit ans au sein de la Coalition avenir Québec.
L’annonce compte d’abord parce qu’elle enlève au scrutin d’octobre un élu sortant qui connaît bien son territoire et qu’elle tombe au milieu d’une semaine déjà chargée pour la CAQ. Provençal devient le quatrième député caquiste à dire cette semaine qu’il ne cherchera pas un autre mandat, après Chantale Jeannotte lundi, Isabelle Lecours jeudi et François St-Louis vendredi.
À 71 ans, le doyen des membres de l’Assemblée nationale laisse derrière lui un siège qu’il occupait depuis 2018, puis reconfirmé en 2022. Il ne détient pas de ministère, mais il préside encore la Commission de la santé et des services sociaux, ce qui donne à son départ une portée plus large qu’un simple retrait local.
Dans son message, Provençal a dit avoir pris cette décision « avec sérénité et gratitude » après plusieurs années de vie publique, « d’abord au municipal puis à l’Assemblée nationale ». Il a ajouté que « servir les citoyens de Beauce-Nord aura été l’un des plus grands privilèges de ma vie », disant aussi être fier du travail accompli ensemble pour la région et rappelant que « les projets réalisés, les investissements obtenus et les dossiers que nous avons fait avancer sont le fruit d’un véritable travail collectif ».
Ce qui reste en suspens est le motif précis de ce départ maintenant. Provençal quitte alors qu’il continue de jouer un rôle parlementaire important et que sa présence aurait pu servir la CAQ dans un comté qu’il représente depuis deux élections. Le contraste est net: celui qui a passé une bonne partie de sa carrière politique à Beauceville et dans la région s’efface au moment où son parti doit déjà rebâtir plusieurs candidatures.
Avant d’entrer à l’Assemblée nationale, Provençal a été conseiller municipal à Beauceville pendant deux mandats, de 1989 à 1993 puis de 2005 à 2009, avant d’en devenir maire de 2009 à 2018. Il a aussi été préfet de la MRC Robert-Cliche pendant trois ans et a présidé la Table régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches. Son premier mandat de député a aussi coïncidé avec les grandes inondations du printemps 2019 en Beauce, un épisode qui a marqué la région.
Il avait par ailleurs appuyé Bernard Drainville pendant la course à la direction de la CAQ et s’était montré un défenseur ferme du projet de troisième lien, avant de dire sa déception devant les hésitations de son parti sur ce dossier. Pour Beauce-Nord, le prochain rendez-vous est maintenant fixé: l’élection d’octobre se fera sans Provençal sur le bulletin de vote, et la CAQ devra trouver un successeur à un député sortant qui avait fini par incarner son comté autant que sa formation.
