Ken Paxton a battu John Cornyn mardi dans la primaire du Parti Républicain au Texas et a arraché la nomination qui fera de lui le candidat républicain au Sénat en novembre. Après 24 ans passés à la chambre haute, Cornyn est écarté d’une course qu’il pensait pouvoir défendre depuis un siège d’incumbent.
Le résultat compte parce qu’il ferme une bataille interne et en ouvre une autre, plus large, sur le terrain général. À Texas, les républicains ont désormais leur candidat pour novembre, et la victoire de Paxton met tout de suite la campagne sous une lumière différente.
Trump avait déjà prévenu Cornyn qu’il était « fini » et qu’il ne pourrait pas être réélu, disant qu’il ne parlait qu’au noyau MAGA. Cette lecture a fini par s’imposer dans les urnes, au moment même où Paxton avançait avec l’appui du président et le soutien des militants républicains les plus fidèles.
Mais ce soutien ne dit pas tout sur la suite. Paxton est populaire auprès des républicains les plus engagés, et cela l’a aidé à franchir la primaire, mais son nom traîne aussi assez de bagages pour compliquer novembre. Il a fait face à des enquêtes, a survécu à un procès en destitution au Texas et a été accusé de corruption et de pots-de-vin. Dans une course générale, ce profil peut repousser des indépendants tout en offrant aux démocrates une ouverture qu’ils n’auraient pas eue avec Cornyn.
La campagne elle-même a déjà montré à quel point le parti républicain du Texas était prêt à investir lourdement dans ce choix. Plus de 100 millions de dollars ont été dépensés dans les publicités des primaires républicaines, signe qu’il s’agissait d’un combat sur l’orientation du parti autant que sur le nom du vainqueur.
Paxton arrive aussi avec une méthode qui colle aux réflexes de l’ère Trump. À l’automne dernier, il a intenté une action en justice contre le fabricant de Tylenol après une conférence de presse de Robert F. Kennedy Jr. et Donald Trump, devant un petit district judiciaire qui ne compte qu’un seul juge. Le geste a rappelé qu’il sait parler au cœur le plus militant de la base républicaine, même lorsque cela alimente les critiques sur son sens du pouvoir et de l’affrontement.
Les précédents récents vont dans le même sens. Thomas Massie a perdu une primaire républicaine après avoir critiqué Trump, et Bill Cassidy a été battu après son vote en faveur de la destitution du président en 2021. La victoire de Paxton s’inscrit dans cette ligne dure: Trump sanctionne les déloyaux et récompense ceux qui lui restent fidèles, même si ce calcul peut coûter plus cher à l’automne.
La vraie inconnue n’est donc plus le vainqueur de la primaire, mais l’ampleur du changement que cette victoire provoque en novembre. Paxton sera bien le candidat républicain au Sénat du Texas, et la question qui reste ouverte est de savoir si ce choix rend la course plus serrée qu’avec Cornyn ou s’il donne aux démocrates la meilleure chance qu’ils aient eue dans cet État depuis le début du cycle.

