George Russell a remporté samedi la course sprint au Circuit Gilles-Villeneuve, en menant de bout en bout devant Kimi Antonelli. Le duel entre les deux pilotes Mercedes a éclaté au 6e tour sur 23, quand Antonelli a tenté de passer son coéquipier avant d’être repoussé hors de la trajectoire.
Russell n’a jamais perdu la tête de la course, mais ce premier accrochage verbal a donné à la matinée montréalaise une tournure inattendue. Antonelli s’est plaint à la radio et a estimé que Russell « should be penalized », avant d’être rappelé à l’ordre par son ingénieur de course Peter Bonnington, qui lui a lancé: « Retrouvons notre contrôle, Kimi » puis « Concentre-toi sur Norris. Concentre-toi sur ton pilotage. »
À ce moment-là, Antonelli suivait encore Russell en deuxième position, mais sa tentative à l’intérieur n’a pas abouti. Russell n’a pas laissé assez d’espace pour le virage suivant, et Antonelli a été contraint de sortir de la ligne de course avant de retomber derrière. Quelques secondes plus tard, le jeune Italien a tenté de nouveau sa chance et a filé tout droit dans le virage suivant. Lando Norris a profité de la manœuvre pour dépasser Antonelli après sa sortie large, avant que le pilote Mercedes ne retente ensuite sa chance sur la McLaren, sans succès. L’ordre d’arrivée n’a plus bougé après cette bataille à l’avant, et Norris a clairement tiré avantage du désordre entre les deux Mercedes.
Le ton est monté davantage encore dans les communications radio. Antonelli a lancé: « Je m’en fous, il m’a poussé », tandis que Toto Wolff lui a répondu: « Kimi, peux-tu te concentrer sur le pilotage et pas sur le chialage dans la radio ? » puis: « Kimi, on parle de ça à l’interne, pas à la radio ». L’incident n’a pas été examiné par les commissaires de course, mais il a mis en lumière une tension inhabituelle dans un garage Mercedes où la consigne reste d’éviter tout contact entre les deux voitures.
Après l’arrivée, Russell a parlé d’une bataille serrée et a dit: « Ça a été une belle bataille » puis: « Je voulais fermer l’angle. » Antonelli, de son côté, a reconnu: « Je suis d’accord qu’il devait défendre sa position », tout en indiquant, comme son coéquipier, qu’ils devraient revoir la séquence avant d’aller plus loin dans le détail. C’est la première fois cette saison que l’un des deux pilotes Mercedes exprime publiquement autant d’émotion contre son coéquipier, dans un épisode qui rappelle le contact entre les deux McLaren à Montréal l’an dernier. Pour Mercedes, l’épisode est surtout un rappel brut: la vitesse compte, mais la hiérarchie interne peut se fissurer en une seule manœuvre mal négociée.

