Les Saguenéens de Chicoutimi s’apprêtent à disputer leur premier match à la Coupe Memorial, à Kelowna, en Colombie-Britannique, et Richard Létourneau voit dans cette présence bien plus qu’une simple récompense sportive. Pour lui, cette soirée marque l’aboutissement d’un redressement amorcé il y a dix ans, au moment où l’organisation a failli passer sous le contrôle de la ligue.
Le virage remonte à l’automne 2015. À l’époque, Gilles Courteau avait donné deux semaines au maire Jean Tremblay pour trouver une solution à une situation devenue critique. Tremblay s’était alors tourné vers Létourneau, Jean-François Abraham et Marc Denis pour bâtir un nouveau groupe de gestion. Leur équipe a pris les commandes à l’automne 2015, avec un mandat de 10 ans accepté sur la base de recommandations formulées par le groupe.
Létourneau a rappelé qu’il avait dit à Tremblay vouloir utiliser cette saison pour présenter des recommandations sur la façon de faire fonctionner le club. Ces recommandations ont été entérinées et ont donné naissance à un premier mandat de 10 ans, celui qui se termine précisément avec la participation des Saguenéens à la Coupe Memorial. Il a aussi évoqué le moment où, après la prise de contrôle, il s’était adressé aux partisans sur la glace, devant 2 700 personnes réunies dans l’amphithéâtre pour le match contre les Remparts.
Le contexte donne à cette présence à Kelowna une portée particulière. Avant de remonter la pente, Chicoutimi n’avait pas remporté de championnat de séries depuis 32 ans, jusqu’à la conquête du trophée Gilles-Courteau. Cette victoire a servi de point d’appui à la reconstruction de l’organisation, qui a ensuite prolongé sa stabilité administrative grâce à une entente annoncée en mars 2025.
Julie Dufour avait alors offert une prolongation de 10 ans à l’accord initial, et le groupe de gestion actuel doit maintenant diriger les Saguenéens jusqu’en 2036. Pour Létourneau, cette continuité reste liée à une responsabilité très concrète. « On fait du hockey pour nos partisans et c’est à eux qu’on a des comptes à rendre », a-t-il résumé, en ramenant la réussite sportive à ceux qui ont traversé les années difficiles avec l’équipe.
La question n’est plus de savoir si les Saguenéens ont survécu à la crise de 2015. Ils ont déjà prouvé qu’ils pouvaient se reconstruire. À Kelowna, ils entrent maintenant sur la plus grande scène junior du pays avec tout le poids d’une décennie de décisions, de patience et d’attentes accumulées.
