Lecture: Prime Carburant Employeur 2026 : la colère des dépanneurs monte à Paris

Prime Carburant Employeur 2026 : la colère des dépanneurs monte à Paris

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Les professionnels du dépannage, du remorquage et de la fourrière ont manifesté mercredi 21/05/2026 dans les rues de Paris et devant les bureaux du ministère de l’Économie pour dénoncer une rémunération qu’ils jugent trop faible face à la hausse du coût du carburant. La porte les revendications de 6.000 entreprises du secteur et dit voir dans cette crise une menace directe pour la pérennité du service rendu aux usagers et aux forces de l’ordre.

, référent fourrière à la Fédération nationale de l’automobile et dirigeant d’un groupe de cinq entreprises de fourrière en région parisienne, a résumé la colère du secteur d’une phrase nette: « Il y a un véritable ras-le-bol de la profession. » Pour lui, le carburant « c’est l’illustration parfaite des coûts qui explosent », dans un métier où les entreprises travaillent sept jours sur sept et 24 h/24.

Le message envoyé à Paris est d’autant plus pressant que la profession dit peiner à recruter. Chevallier a expliqué que les assureurs considèrent ces activités comme des métiers à risque, ce qui alourdit encore la facture. Il a aussi donné l’ampleur de l’investissement nécessaire pour rester en course: une dépanneuse coûte aujourd’hui 300.000 euros, et un super poids lourd peut grimper jusqu’à 900.000 euros. Pour beaucoup de petites structures, l’équation devient intenable avant même de prendre la route.

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Le secteur insiste pourtant sur le caractère indispensable de son travail. Chevallier parle d’« une véritable mission de service public, à la demande des forces de l’ordre ». Dans le même temps, il décrit un marché qui se fragilise à mesure que des garages ou de petites entreprises cessent d’intervenir à perte. « On a beaucoup de petites entreprises qui font du dépannage, des garages qui faisaient ça pour rendre service. Mais les gens n’ont pas envie de se déplacer à perte, donc ils finissent par arrêter. Dans certaines zones rurales, on commence à avoir des zones blanches où il n’y a plus aucun dépanneur », a-t-il dit.

Ce recul se voit déjà dans certaines parties du pays. Dans la Creuse, en Lozère ou dans l’Aveyron, un simple dépannage peut devenir très long pour l’automobiliste planté au bord de la route. La Fédération nationale de l’automobile estime que la situation menace directement la continuité du service, alors même que ces professionnels sont sollicités jour et nuit pour dégager les routes, intervenir sur les accidents et traiter les enlèvements en fourrière.

Le dossier touche aussi au coût supporté par les contrevenants. Dans le cadre d’un enlèvement fourrière, l’automobiliste paie 127,65 euros pour l’enlèvement et 6,75 euros par jour de garde. Mais derrière ces montants encadrés, les professionnels disent ne plus pouvoir absorber la hausse du carburant, des assurances et du matériel. Le conflit du jour met donc au grand jour un point de rupture: si les tarifs restent figés face à des charges qui montent, la promesse d’un dépannage rapide, partout et à toute heure, risque de se fissurer davantage.

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