Cyril Féraud a pris les commandes de Fort Boyard vendredi 8 mai, et le nouveau visage du jeu a raconté mercredi 20 mai en Charente-Maritime le poids particulier de cette passation. À 41 ans, l’animateur a succédé à Olivier Minne, parti un an plus tôt de France Télévisions après 36 ans de service.
Pour Féraud, l’histoire a tout d’un rendez-vous écrit depuis longtemps. Il a rappelé que Fort Boyard le faisait rêver enfant et que l’émission lui avait donné envie d’exercer son métier. Né en 1985, il avait 5 ans au lancement du programme sur Antenne 2, et il n’en était pas resté à distance: il a d’abord été assistant, puis a participé à l’émission à plusieurs reprises, avant d’incarner Cyril Gossbo pendant cinq saisons. Il a aussi dit qu’il faisait partie de la famille Fort Boyard depuis six ans à travers ce personnage.
Son lien avec le jeu remonte encore plus loin. Féraud a expliqué avoir commencé à envoyer des idées d’épreuves à la production à l’âge de 14 ans, signe d’une fascination ancienne pour un programme devenu l’un des rendez-vous les plus identifiables de la télévision française. Son arrivée aux commandes ne relève donc pas d’une découverte, mais d’un basculement: celui d’un habitué qui passe de l’intérieur du décor à la conduite de l’émission.
Ce passage n’a pourtant rien d’une formalité. L’animateur a insisté sur la responsabilité que représente la prise en main d’un « navire aussi impressionnant, aussi bien rodé ». Il a dit avoir été ému en constatant que l’un de ses rêves d’enfant prenait forme, allant jusqu’à résumer ce moment par cette idée: réaliser ses rêves de petit garçon est une chose étrange et bouleversante. « Je me régale au-delà de ce que j’avais imaginé », a-t-il aussi confié, au moment de décrire ses premières impressions sur le tournage.
Le déclic est venu pendant la filée, la répétition générale dans les conditions réelles de tournage avec de faux candidats. Après la deuxième épreuve, Féraud a dit avoir compris qu’il ne s’agissait plus seulement d’admirer l’émission de l’extérieur, mais d’y entrer pleinement, en courant avec les candidats, en les encourageant et en leur donnant des conseils. C’est à ce moment-là, a-t-il raconté, qu’il s’est autorisé à « s’amuser » dans ce rôle.
Cette confiance accordée par la production est au cœur de sa prise de parole. Féraud a dit être « très fier » qu’on lui ait confié les rênes, tout en soulignant que son histoire d’amour avec Fort Boyard ne lui donnait pas automatiquement un ticket d’or pour en reprendre la direction. Le message est clair: son attachement au programme a compté, mais il a fallu autre chose pour convaincre. Alexandra Redde-Amiel, directrice des divertissements et des jeux de France Télévisions, et Alexia Laroche-Joubert, directrice générale de Banijay France, incarnent justement cet arbitrage entre fidélité à l’esprit du jeu et choix de production.
La question n’est donc plus de savoir s’il aime Fort Boyard. Il l’a prouvé depuis l’enfance. La vraie réponse est ailleurs: ce proche du programme peut-il transformer une passion ancienne en prise de commandes solide, alors que l’émission change de capitaine après l’ère Olivier Minne ? Féraud dit avoir déjà trouvé sa place. À présent, c’est le public qui jugera si cette histoire d’enfant devenu maître à bord tient aussi bien à l’écran qu’en coulisses. Pour en savoir plus sur cette reprise en main, lire aussi Gala de Fort Boyard: Cyril Féraud prend la relève et se raconte.

