Lecture: Oceane El Himer à Cannes : ces créateurs cinéma qui changent la donne

Oceane El Himer à Cannes : ces créateurs cinéma qui changent la donne

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À Cannes, , alias @LalaCinema, 26 ans, a foulé le tapis rouge après avoir été invitée par . Elle y vient avec l’idée de montrer que le festival n’est pas réservé à une poignée d’initiés. Sur son compte, où elle dit rassembler 80.000 abonnés sur TikTok et 31.000 sur Instagram, elle assume sans détour ses accès privilégiés, tout en les transformant en argument pour attirer d’autres spectateurs vers les salles et les festivals.

« Même si je suis consciente d'avoir des accès privilégiés, c'est aussi cet aspect-là que je partage. Je veux inciter les gens à assister à des festivals, il y en a plein d'autres, peut-être plus accessibles, mais tout aussi passionnants », a-t-elle résumé. Pour elle, la présence à Cannes reste aussi une promesse tenue à elle-même: « C'est un rêve de gamine, et c'est ça, le message que je veux faire passer: c'est un festival accessible, malgré tout ! »

Autour d’elle, une autre génération a pris place sur la Croisette avec ses propres codes. et ont commencé il y a deux ans en organisant des projections privées dans l’appartement de Kika. Leur initiative a grossi au point de devenir une communauté physique de plus de 1.000 amateurs de cinéma, avec 18.000 abonnés sur Instagram. Cette année, Charara a même déplacé ses rencontres à Cannes avec l’appui de . Il dit ne pas être « un influenceur classique » et revendique plutôt un rôle de passeur entre les films et ceux qui les regardent.

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Chaque soir, une trentaine de fidèles sont invités autour d’un verre pour parler du film du jour, réseauter ou simplement passer du temps ensemble. « Si on me propose de voir un film en avant-première et que derrière on me demande de ramener du monde à une séance, je ne vois pas de mal à ça. Même si le film n'est pas terrible. Je le propose à nos habitués. Je ne le recommande pas ! Je ne dis rien ! », a expliqué Charara. Sa formule dit beaucoup de l’esprit qui a fini par s’installer à Cannes: moins de distance, plus d’échange, et un public que les circuits traditionnels touchent difficilement.

Longtemps critiqués, les influenceurs cinéma ont gagné leur place sur la Croisette au fil des éditions, jusqu’à s’imposer comme un relais que les distributeurs et les organisateurs regardent désormais de près. Ils y voient un moyen d’atteindre un public plus jeune, aux attentes différentes de celles des circuits habituels. Le partenariat signé par TikTok avec le en 2022 n’est plus en vigueur, mais l’empreinte laissée par cette coopération reste visible dans la manière dont le festival accueille ces nouveaux visages. Cette année, l’équation est claire: ces créateurs ne remplacent pas les critiques ni les professionnels, mais ils amènent à Cannes une audience que le festival cherche encore à faire entrer dans ses salles.

Ce qui se joue aujourd’hui à Cannes n’est donc pas une simple mode numérique. C’est la preuve qu’un festival centenaire peut encore parler à une génération qui découvre les films autant qu’elle les commente, et que des profils comme oceane el himer, Clélia, Ramy Charara ou Kika pèsent désormais dans la façon dont le cinéma circule, se raconte et se partage.

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