Peter Frampton sort Carry The Light, son premier album de chansons nouvelles en 16 ans, et le disque arrive comme un retour net pour un musicien dont la carrière a déjà traversé plus de 60 ans de scène, de studios et de fractures. L’album, publié en 2026, contient 10 titres, dont deux instrumentaux, et a été écrit et produit avec son fils Julian.
Le poids du disque tient aussi à son casting. Buried Treasure réunit Benmont Tench aux claviers et sert d’hommage à Tom Petty. Lions At The Gate accueille Tom Morello. Breaking The Mold compte Sheryl Crow au chant. I'm Sorry Elle, dédiée à sa petite-fille, fait intervenir Graham Nash. Frampton ne publie pas seulement de nouvelles chansons; il aligne autour de lui des noms qui racontent sa place dans l’histoire du rock.
Cette sortie prolonge un parcours qui a longtemps été interrompu puis reconstruit. En 1976, Frampton Comes Alive! se vendait à un million d’exemplaires par semaine à son sommet et avait fait de lui une star majeure du rock. Deux ans plus tard, sa montée a été stoppée par un accident de voiture aux Bahamas. En 1980, il a fini par récupérer la Gibson Les Paul « Phenix », sauvée des restes d’un crash d’avion, un instrument devenu symbole de survie autant que de musique.
Frampton a aussi dû composer avec des épreuves plus récentes. Son dernier tour a commencé en 2019 après un diagnostic de maladie dégénérative, puis a été interrompu par le covid. En 2020, dans ses mémoires Do You Feel Like I Do?, il a raconté son retour vers la santé et le bonheur. Carry The Light s’inscrit dans cette même ligne de reprise, avec un artiste qui a connu les sommets, les arrêts forcés et le long travail du retour.
Le nouveau disque rappelle aussi d’où vient Frampton. Avant sa célébrité solo, il avait joué dans The Herd et Humble Pie, et il avait aussi tenu la guitare lors de sessions pour George Harrison. Steve Marriott l’avait surnommé « The Blouse », un détail de coulisses qui dit bien qu’il a longtemps circulé dans le cœur du rock britannique avant de devenir une figure mondiale. La question, avec cet album, n’est plus de savoir s’il a quelque chose à prouver. Elle est plus simple: à ce stade de sa carrière, Frampton choisit encore d’avancer, et il le fait avec un disque de chansons neuves plutôt qu’avec la seule mémoire de ses succès.
