Vingt-deux ans après la disparition de Jonathan Coulom, le procès de Martin Ney s’est ouvert à Nantes mardi 19 mai 2026. Le dossier français, longtemps resté sans réponse, porte sur l’enlèvement et le meurtre du garçon de 9 ans, vu pour la dernière fois dans la nuit du 6 au 7 avril 2004.
Jonathan avait disparu du centre d’hébergement de Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique, lors d’une classe de mer. Son corps a été retrouvé le 19 mai 2004 dans un plan d’eau à Guérande, à environ 30 kilomètres du centre. Nu, ligoté et lesté d’un bloc de béton, il avait succombé à une asphyxie, selon l’autopsie.
Le nom de Ney est entré dans le dossier par ricochet. Les autorités allemandes avaient signalé aux enquêteurs français que l’affaire présentait des ressemblances avec plusieurs enlèvements d’enfants suivis de meurtres commis en Allemagne entre 1992 et 2001. Arrêté à Hambourg en 2011, Ney a ensuite reconnu trois meurtres et plusieurs dizaines d’agressions sexuelles sur de jeunes garçons. Il a été condamné en 2012 en Allemagne à la prison à perpétuité.
Mais dans l’affaire Coulom, il n’a jamais reconnu les faits. C’est là que le procès nantais prend tout son poids: la justice française doit juger un dossier dans lequel l’accusé n’a pas confondu, alors même qu’un ancien codétenu a affirmé lui avoir entendu dire qu’il avait abusé d’un garçon en France avant de le tuer. Un agriculteur a aussi dit avoir aperçu un homme et une voiture immatriculée en Allemagne dans le secteur, le soir des faits.
Pour Virginie Lacombe, l’attente s’est étirée pendant plus de deux décennies. Son avocate, Catherine Salsac, résume cette obstination en disant que les Coulom n’ont jamais été abandonnés et qu’elle leur avait promis d’aller au bout. Elle décrit aussi une cliente qui a passé une grande partie de sa vie dans l’attente. « Je veux savoir, même si c’est dur », a dit Virginie Lacombe.
Le procès doit durer trois semaines. La cour entendra jusqu’où les indices venus d’Allemagne, le témoignage du codétenu et les observations faites sur place peuvent porter un dossier qui n’a jamais obtenu d’aveu de Martin Ney. Le verdict est attendu jeudi 4 juillet.
Pour la famille, l’enjeu dépasse la seule procédure. « Je me souviens de l’urgence des parents, de leurs espoirs avant la découverte du corps, mais aussi de l’enterrement. Si on peut faire quelque chose pour lui, c’est au moins de le représenter, d’être sa parole », a dit Catherine Salsac. Après 22 ans d’attente, le procès ouvre enfin la piste française de Jonathan Coulom, et il devra dire si les soupçons accumulés contre Ney suffisent à refermer l’un des plus anciens dossiers criminels de Loire-Atlantique.

