Corinne Touzet a raconté sur le plateau de Quelle Époque! avoir traversé une longue période difficile après l’arrêt d’Une femme d’honneur. À 66 ans, l’actrice a dit sans détour que la fin de cette série policière, portée par TF1 de 1996 à 2008, avait marqué un vrai tournant dans sa carrière et l’avait éloignée des plateaux pendant des années.
« Plus personne veut de moi ! Je ne travaille plus... C’est qu’il a fallu que je me reconstruise. Je me suis fait blacklister de partout », a-t-elle lancé face à Léa Salamé. Touzet a expliqué qu’elle avait commencé à travailler à 17 ans et qu’elle avait passé 38 ans sur des tournages avant de se retrouver brutalement sans propositions à la fin de la série. Elle a aussi rappelé que les comédiennes et comédiens qui tenaient des rôles de héros dans les années 1990 étaient souvent trop associés à ces personnages pour en jouer d’autres ensuite.
Cette prise de parole donne un autre éclairage sur le parcours d’une fiction qui a pourtant été un énorme succès populaire. Une femme d’honneur, créée par Éric Kristy, a totalisé 37 enquêtes et épisodes et a réuni jusqu’à 12 millions de spectateurs au plus haut de sa diffusion. En 2023, Touzet disait déjà dans un entretien qu’on lui parlait encore de la série dans la rue et qu’il y avait « beaucoup de [elle] » dans le personnage, qu’elle avait contribué à créer « de toutes pièces ».
Depuis cette période télévisuelle compliquée, l’actrice a trouvé au théâtre un espace plus stable et plus vivant. Elle a dit que la scène lui apportait « du bonheur », de « l’énergie », de « l’amour » et du « partage ». Elle reprend actuellement Le Duplex pour 30 représentations exceptionnelles au Théâtre de Paris, aux côtés d’Anny Duperey et Francis Perrin. Elle travaille aussi sur un nouveau projet théâtral consacré aux pervers narcissiques, prévu pour l’an prochain, et qu’elle décrit comme « une pièce dure mais sublime ».
Le contraste est net. D’un côté, une série qui a fait d’elle un visage connu du grand public et qui reste, plus de quinze ans après sa fin, associée à son nom. De l’autre, une actrice qui dit avoir dû se reconstruire loin de l’écran avant de retrouver une dynamique artistique au théâtre, puis dans des apparitions récentes dans Demain nous appartient et Monsieur Parizot. Sa confession sur Quelle Époque! ne referme pas ce chapitre; elle le résume avec une franchise rare: la célébrité télévisée n’a pas empêché le vide, et le théâtre est devenu la façon la plus solide d’en sortir.

