Corinne Diacre a quitté l’Olympique de Marseille, et l’ancienne entraîneuse de 51 ans a choisi vendredi de raconter, depuis sa maison en Charente, comment s’est refermée son aventure au club. OM avait annoncé mercredi la fin de cette histoire, et Diacre a tenu à dire qu’elle n’en gardait pas d’amertume. « On se sépare pas fâchés », a-t-elle résumé.
Ce départ intervient après une saison que Diacre présente comme une mission remplie. Elle rappelle avoir signé un contrat d’un an, avec pour objectif de faire le bilan à la fin et de sauver l’équipe. « L'objectif était d'obtenir le maintien, ce qu'avec mon staff, on a réussi à faire (9e). » En terminant neuvième, elle estime avoir répondu à la demande initiale du club, alors même que l’équipe avait besoin d’être stabilisée dans un contexte délicat.
Diacre dit aussi que le dialogue avec ses dirigeants s’était engagé, sans parvenir à un accord sur les garanties qu’elle voulait autour de l’effectif. Elle affirme avoir réclamé un certain type de joueuses, en particulier des profils internationaux, avec de l’expérience pour encadrer les plus jeunes. « J'avais demandé un certain profil de joueuses, notamment des profils plutôt internationaux, même si j'en avais, mais pas forcément dans des équipes du top 10 FIFA », a-t-elle expliqué. Selon elle, Stefano Petruzzo lui a dit que ce serait compliqué à obtenir. Arrivée en cours de saison, elle n’avait pas pesé sur le recrutement d’été, et elle juge le recrutement d’hiver « un peu en dents de scie ».
Le départ ne repose pas seulement sur cette divergence sportive. Diacre estime que la réaction après la défaite 2-1 au Vélodrome contre Montpellier, le 28 mars, a été surévaluée. Elle la décrit comme un épiphénomène, et précise que Roselène Khezami, la joueuse qui a pris la parole après le match, n’était pas à 100 % de sa condition physique pour jouer. Elle dit aussi être devenue une cible facile en raison de ce qui lui est arrivé avec la sélection nationale.
Dans son récit, Diacre renvoie à la mission que l’OM lui avait confiée à son arrivée: imposer un cadre, de la rigueur et du développement au club comme à l’équipe. Elle dit avoir eu, tout au long de la saison, le soutien et le respect de ses dirigeants. Mais elle ajoute que les tags visant son nom n’étaient pas un acte isolé, parlant de deux lignes dans un quartier ciblé, et affirmant que certains grands dirigeants de l’OM avaient eux aussi été visés. « Je crois que les grands dirigeants de l'OM ont subi des tags aussi, donc pourquoi pas moi ? », a-t-elle dit.
La saison se termine donc sur un constat net: Diacre considère avoir rempli l’objectif sportif fixé, mais sans avoir obtenu les assurances qu’elle jugeait nécessaires pour construire la suite. Elle dit que la prochaine saison de l’OM devra répondre à une ambition bien plus élevée que le maintien, ce qui rendait la séparation presque inévitable.
