Lecture: À Nante, un meurtre de 15 ans relance la pression contre le narcotrafic

À Nante, un meurtre de 15 ans relance la pression contre le narcotrafic

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Un adolescent de 15 ans a été tué par balles jeudi soir à Nantes, et le drame a aussitôt replacé la ville au centre des violences liées au narcotrafic. Vendredi, a dit vouloir la création d’une antenne de l’office anti-drogue à Nantes et a annoncé son intention de recruter 700 policiers.

Ce meurtre survient alors que les règlements de comptes liés aux stupéfiants impliquent de plus en plus des mineurs. Ils peuvent en être les victimes, mais aussi, dans certains cas, les auteurs de ces violences, parce que les commanditaires font appel à des jeunes très tôt pour quelques centaines d’euros.

Nantes est depuis plusieurs mois associée à des drames liés au narcotrafic, et l’épisode de jeudi soir s’inscrit dans cette série de tensions. Dans les articles consacrés aux précédents incidents à la Beaujoire, l’explosion de violence autour du match avait déjà montré à quel point la ville peut basculer dans le chaos, sur et autour des lieux publics.

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Les chiffres nationaux donnent la mesure du phénomène. La mission interministérielle de lutte contre les drogues recense 10 000 mineurs impliqués dans des affaires de trafic en France, avec un âge moyen situé entre 15 et 16 ans. Autrement dit, l’adolescence n’est plus seulement une période d’exposition indirecte aux trafics: elle est devenue l’âge d’entrée de nombreux jeunes dans ce système.

Au Parlement, a insisté sur le fait que les enfants pris en charge sont particulièrement exposés, justement parce qu’ils sont recrutés. Elle a aussi défendu l’idée qu’il faut davantage de présence dans les quartiers, où la prévention spécialisée et les actions d’éducation populaire ont reculé. « Il n’y a plus rien entre les mômes et les trafiquants », a-t-elle résumé.

La réponse promise par le ministre de l’Intérieur vise donc autant l’ordre public que l’occupation du terrain. Mais elle arrive après un nouvel homicide qui rappelle que, dans ce dossier, les mineurs ne sont pas seulement une statistique: ils sont à la fois la cible et, trop souvent, l’outil d’une économie criminelle qui recrute des enfants au prix le plus bas et les expose au pire.

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