Isabelle Assih, maire PS de Quimper, et son mari ont décidé jeudi de déposer plainte lundi après une vague d’insultes, de propos haineux et de menaces personnelles reçus sur les réseaux sociaux. La crise a éclaté après la décision de faire annuler une réservation du Canon français pour un banquet prévu à Quimper.
La maire a dit avoir été visée « comme Maire/Présidente ainsi que mon époux », dans un message publié sur Facebook, et elle a dénoncé des propos « racistes, sexistes » et des menaces proférées « en toute impunité ». Le conseil de Quimper-Bretagne occidentale avait été sollicité pour annuler la réservation faite par le Canon français au parc des expositions géré par l’intercommunalité, à la suite de témoignages sur un banquet précédent organisé le 18 avril à Caen et corroborés par des habitants du secteur.
Ce dossier est devenu explosif parce qu’il mélange ordre public, liberté d’organiser un banquet et protection d’une élue locale. Depuis plusieurs années, le Canon français organise dans toute la France des repas à grand nombre avec produits du terroir, longues tablées, bérets et musique. France Inter avait enquêté sur ces banquets après être entrée dans l’un d’eux, et l’un des actionnaires du Canon français est Pierre-Édouard Stérin.
Laurent Nuñez a apporté son soutien à Isabelle Assih face au harcèlement, tout en rappelant qu’il n’existait pas de risque de troubles à l’ordre public pour ce type de manifestations. « Pour pouvoir interdire ces manifestations, il faut qu’ils y aient des risques de troubles à l’ordre public », a-t-il dit, ajoutant: « Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public à ce type de manifestations, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. » Il a également assuré suivre le dossier « de très très près ».
Olivier Faure et Annaïg Le Meur ont eux aussi pris publiquement la défense de la maire de Quimper. La députée a estimé: « Les insultes racistes et les menaces visant la maire de Quimper sont d’une profonde ignominie. Il ne s’agit pas de débat mais d’un déversement d’insultes sous couvert d’anonymat. Ces méthodes, utilisées pour intimider une élue de la République, n’ont aucune place dans notre cité ». Pour Isabelle Assih, la plainte attendue lundi doit marquer le passage de l’indignation à l’action judiciaire.
