Le XV de France féminin a donné le coup d’envoi de sa finale du Tournoi des Six Nations contre l’Angleterre, samedi à Bordeaux, avec un objectif clair: mettre fin à 17 défaites consécutives face aux Red Roses et rester en course pour un Grand Chelem attendu depuis 2018. Sous un ciel lumineux et par 17 degrés au-dessus du Stade Atlantique, Carla Arbez a lancé la rencontre que les Bleues abordaient comme un tournant de leur printemps.
France a rapidement montré qu’elle n’entendait pas subir comme lors des rendez-vous précédents. Après une perte de balle anglaise, la séquence s’est ouverte sur un ballon récupéré et s’est conclue par un essai de Bourdon Sansus, qui a donné l’avantage aux Françaises en début de match dans un Stade Atlantique acquis à leur cause. Dans les tribunes comme sur le terrain, l’idée était la même: cette finale devait servir à rompre avec une série qui pesait lourd dans les têtes.
Car la statistique dit à elle seule l’ampleur du défi. Avant ce match, les Françaises avaient perdu 17 fois de suite contre l’Angleterre, une équipe décrite comme l’une des meilleures du monde. Elles jouaient aussi pour leur premier titre dans le Six Nations depuis 2018, année de leur dernier Grand Chelem. Ce double enjeu donnait à la rencontre une portée bien plus large qu’un simple match de championnat: à Bordeaux, il s’agissait de savoir si France pouvait enfin transformer l’élan d’un groupe en résultat face à son plus grand obstacle.
Teani Feleu avait résumé l’état d’esprit avant le coup d’envoi en une phrase simple: « Ces 17 défaites consécutives, ça nous motive ». Sur ce point, les Bleues n’avaient pas besoin d’en dire davantage. Le défi n’était pas seulement de jouer l’Angleterre, mais de faire mentir une histoire récente qui s’est installée match après match. Si France veut aller au bout et décrocher le Grand Chelem qu’elle poursuit depuis 2018, elle devra prouver que le premier essai de Bourdon Sansus n’était pas seulement une bonne entame, mais le début d’un basculement.

